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Nord-Kivu : hausse du carburant à Butembo et Beni, l’État rejette l’argument du Moyen-Orient

by Zionnews

Le prix du carburant a connu une hausse spectaculaire en l’espace de trois jours dans les villes de Butembo et Beni, au Nord-Kivu.

Un litre d’essence qui se vendait entre 3000 et 3200 francs congolais a atteint 4000 francs, tandis que chez les petits revendeurs communément appelés « Kadafi », il se négocie désormais entre 4500 et 5000 francs congolais ce samedi 7 mars 2026.

Cette flambée a eu des répercussions immédiates sur le transport urbain. Sur plusieurs axes, le prix de la course a augmenté. Dans certains quartiers de Butembo, des habitants ont même été contraints de rentrer chez eux à pied dans la soirée, faute de moyens pour s’adapter aux nouveaux tarifs de transport.

Interrogés sur les raisons de cette hausse, certains vendeurs de carburant, grossistes comme détaillants, évoquent la guerre au Moyen-Orient. Selon eux, une grande partie du carburant consommé dans la région proviendrait de zones aujourd’hui affectées par le conflit, ce qui expliquerait l’augmentation des prix.

Cependant, les autorités provinciales rejettent cette explication. Le Chef de Division Provinciale de l’Économie Nationale au Nord-Kivu, Adrien Mbalavahi, a dénoncé ce samedi une spéculation orchestrée par certains opérateurs économiques.

Selon lui, la situation géopolitique internationale ne peut pas justifier une hausse immédiate du prix du carburant dans la région.« Cette hausse à laquelle nous assistons actuellement n’est qu’une spéculation de mauvais goût de la part des opérateurs économiques intervenant dans la distribution des produits pétroliers », a-t-il déclaré.

Le responsable affirme que les services de l’économie disposent d’informations indiquant que les stocks de carburant restent suffisants dans les villes de Butembo et Beni ainsi que dans leurs territoires respectifs.

Il cite notamment le poste frontalier de Kassindi, où plusieurs véhicules transportant du carburant seraient encore en attente. Adrien Mbalavahi déplore également la fermeture de certaines stations-service à Beni, qui évoquent un manque de carburant.« C’est faux. Le carburant est là. Avant de fermer, une station doit informer les services de l’économie. Les statistiques à notre possession prouvent qu’il y a une quantité suffisante », a-t-il insisté.

Le chef de division rappelle que le prix du carburant est homologué par le ministère de l’Économie et qu’aucun opérateur ne peut le modifier de manière unilatérale.Actuellement, le prix autorisé par les autorités est fixé autour de 3300 francs congolais le litre. « Tant que le ministère n’a pas constaté un changement des paramètres, personne ne peut augmenter le prix. Ceux qui vendent au-delà de ce tarif sont en train de voler la population », a-t-il averti.

Les services de l’Économie nationale disent avoir été instruits pour contrôler le marché et récupérer les montants indûment perçus auprès des consommateurs.

Grace MAUA

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