Face à la réapparition des cas de la maladie à virus Ebola dans la région de Butembo, plusieurs structures sanitaires renforcent progressivement les dispositifs de prévention afin de limiter la propagation de cette maladie hautement contagieuse.
Cependant, ces efforts se heurtent encore à de nombreuses difficultés, notamment le manque de matériels essentiels dans les centres de santé.
Dans plusieurs structures sanitaires de la ville, les dispositifs de lavage des mains avaient presque disparu après la fin de la précédente épidémie. Aujourd’hui, les centres de santé et hôpitaux tentent de réinstaller des points de lavage des mains, mais la majorité fonctionne uniquement avec de l’eau, faute de chlore et d’autres produits désinfectants. Les thermoflash destinés à la prise de température à l’entrée des structures font également défaut, malgré l’aménagement de certains espaces de triage.
Interrogé sur cette nouvelle réapparition d’Ebola, pourtant déclarée éradiquée chez l’homme depuis plusieurs années, le docteur Mumbere Kavughande Salama, médecin traitant au Centre hospitalier Antabuse ainsi que dans une autre structure sanitaire de Beni, explique que le virus continue d’exister dans certains réservoirs animaux.
Selon lui, l’éradication de la maladie concernait essentiellement la transmission humaine, tandis que plusieurs animaux sauvages, notamment certaines espèces de chauves-souris, demeurent porteurs du virus sans présenter de symptômes. « Nous avons éradiqué la maladie chez l’homme, mais les réservoirs du virus existent toujours. C’est ce qui explique que la maladie peut encore réapparaître aujourd’hui », a-t-il expliqué.
Le médecin souligne également que la consommation de viande de brousse, les contacts avec des animaux sauvages malades ou retrouvés morts ainsi que certaines rechutes chez d’anciens patients peuvent favoriser une nouvelle propagation du virus. Le docteur Mumbere Kavughande Salama rappelle que les mesures de prévention restent les mêmes que lors des précédentes épidémies. Il insiste principalement sur l’hygiène des mains, l’évitement des contacts avec les liquides biologiques et le respect strict des mesures barrières. « La transmission se fait par contact avec le sang, les vomissements, les salives, les selles, les urines, les objets contaminés ou encore le corps d’une personne décédée. Ebola ne se transmet pas par l’air », précise-t-il.
Il appelle ainsi la population à reprendre les bonnes habitudes sanitaires abandonnées après la fin de l’épidémie précédente, notamment le lavage régulier des mains, l’utilisation des équipements de protection pour les soignants ainsi que la prudence lors des rassemblements et cérémonies funéraires. « Nous devons apprendre encore à nous laver régulièrement les mains et éviter tout contact à risque. Protégeons-nous pour protéger nos familles et notre communauté », a conclu le médecin.
Selon les dernières informations sanitaires, les deux échantillons prélevés dans les zones de santé de Butembo et Katwa puis envoyés à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa ont été déclarés positifs, d’après le professeur Jean-Jacques Muyembe.
Maua GRACE
