Le prix du carburant continue de grimper dans les villes de Butembo et Beni, dans la province du Nord-Kivu. Ce lundi 9 mars 2026, le litre d’essence se négocie entre 5 500 et 6 000 francs congolais chez plusieurs petits revendeurs communément appelés « Kadhafi ».
Cette hausse, observée depuis quelques jours seulement, suscite l’inquiétude des habitants et des acteurs économiques locaux. La semaine dernière encore, le litre se vendait autour de 3 000 à 3 200 francs congolais, mais la situation a rapidement évolué, obligeant certains consommateurs à parcourir plusieurs points de vente pour s’approvisionner.
Plusieurs commerçants justifient cette augmentation par la situation géopolitique au Moyen-Orient, évoquant notamment les tensions impliquant Israël, les États-Unis et l’Iran. Selon eux, cette région représente une part importante de la production pétrolière mondiale et approvisionne notamment les marchés européens et asiatiques.
Les perturbations dans cette zone pourraient donc influencer les prix du pétrole sur le marché international et, indirectement, ceux du carburant dans certains pays. Toutefois, plusieurs observateurs estiment que ces tensions ne devraient pas entraîner une hausse aussi rapide du prix du carburant dans l’est de la République démocratique du Congo.
Du côté des autorités, ces explications sont contestées. Le chef de division provinciale de l’Économie nationale au Nord-Kivu, Adrien Mbalavahi, a dénoncé le week-end dernier une spéculation orchestrée par certains opérateurs économiques.
Selon lui, le prix du carburant reste homologué par le ministère de l’Économie et fixé à environ 3 200 francs congolais le litre dans la région. Il affirme que la situation géopolitique internationale ne peut pas justifier une hausse immédiate du prix du carburant dans les villes de Butembo et Beni. Il a ainsi appelé les opérateurs du secteur à respecter les tarifs officiels, estimant que le surplus payé actuellement par la population constitue un manque à gagner important pour les consommateurs.
Cette hausse du carburant a déjà des répercussions visibles sur le transport urbain et les activités économiques locales. Dans plusieurs quartiers de Butembo et Beni, les tarifs des courses en motos-taxis ont augmenté, provoquant des plaintes de la part des usagers. Certains conducteurs expliquent qu’ils sont obligés d’augmenter les prix pour compenser le coût élevé du carburant. Cependant, ils affirment également rencontrer des difficultés à trouver des clients, car de nombreux habitants limitent désormais leurs déplacements afin d’éviter les dépenses supplémentaires.
Grace MAUA
