Maître Pierrot Kasende, membre de la Coalition CPI, tire la sonnette d’alarme sur les difficultés rencontrées par les étudiants des universités publiques de Goma et Bukavu pour poursuivre leurs études, notamment à Kisangani. Il exhorte le gouvernement congolais et l’AFC/M23 à préserver le caractère apolitique des institutions académiques et à garantir aux étudiants le droit à l’éducation.
La situation des étudiants des universités publiques de Goma, dans la province du Nord-Kivu, et de Bukavu, au Sud-Kivu, préoccupe Maître Pierrot Kasende. Selon lui, les étudiants concernés, invités à poursuivre leurs études dans des universités publiques situées dans les zones sous contrôle du gouvernement congolais, rencontrent d’importantes difficultés pour être admis dans leurs nouveaux établissements.
D’après les préoccupations exprimées par l’avocat, plusieurs étudiants ne seraient toujours pas accueillis par les autorités académiques des universités vers lesquelles ils ont été orientés, malgré les démarches entreprises pour poursuivre leur cursus.
Des étudiants confrontés à des difficultés d’admission
Parmi les cas signalés figure celui des étudiants installés à Kisangani, dont plusieurs auraient déjà engagé des sommes importantes pour leur admission dans différentes facultés. La situation serait particulièrement préoccupante pour certains étudiants en médecine, qui risquent de voir leur parcours académique perturbé par ces difficultés administratives.
Pour Maître Pierrot Kasende, il est indispensable que les autorités compétentes trouvent rapidement une solution afin d’éviter que ces étudiants ne subissent davantage les conséquences de la crise sécuritaire et des mesures prises concernant leurs établissements d’origine.
Le coût du déplacement, un obstacle supplémentaire
Au-delà des difficultés d’admission, Maître Pierrot Kasende souligne également les contraintes financières auxquelles sont confrontés de nombreux étudiants. Une partie importante d’entre eux ne disposerait pas de moyens suffisants pour effectuer les déplacements vers d’autres villes et prendre en charge les dépenses liées au logement, au transport et à la poursuite des études.
Cette situation risque d’aggraver les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur, particulièrement pour les étudiants issus de familles disposant de ressources limitées.
L’avocat appelle ainsi le gouvernement congolais à prendre des mesures concrètes pour assurer une prise en charge adaptée de ces étudiants, faciliter leur inscription et préserver leur droit à l’éducation.
Maître Pierrot Kasende rappelle la neutralité des institutions académiques
Dans son intervention, Maître Pierrot Kasende rappelle également que les institutions académiques doivent rester apolitiques. Il adresse ce message aussi bien au gouvernement congolais qu’à l’AFC/M23, en insistant sur la nécessité de préserver les universités des considérations politiques et des rivalités liées au conflit.
Selon cette position, les établissements d’enseignement supérieur doivent demeurer des espaces consacrés à la formation, à la recherche et à la transmission des connaissances, indépendamment des divisions politiques et territoriales.
Un appel à une solution urgente
Face à cette situation, Maître Pierrot Kasende demande aux autorités concernées de prendre leurs responsabilités et de mettre en place des mécanismes permettant aux étudiants suspendus de poursuivre leurs études dans des conditions acceptables.
Il estime que ces jeunes ne devraient pas être pénalisés dans leur avenir académique en raison d’une situation qu’ils ne maîtrisent pas. La clarification des modalités d’admission, l’accompagnement des étudiants déplacés et la garantie de la continuité des enseignements figurent parmi les enjeux soulevés par cette préoccupation.
La situation des étudiants de Goma et de Bukavu pose ainsi la question de la protection du droit à l’éducation en période de conflit. Une réponse coordonnée des autorités gouvernementales et académiques apparaît nécessaire pour éviter une interruption prolongée des études et préserver l’avenir de toute une génération.
Rédaction de Zionnews-tv.net