Installer notre Application en cliquant sur:
Home » RDC-Passeports biométriques : la colère silencieuse des Congolais en attente entre espoir, lenteur et exclusion

RDC-Passeports biométriques : la colère silencieuse des Congolais en attente entre espoir, lenteur et exclusion

by Zionnews
Depuis plusieurs mois, les promesses du gouvernement congolais sur la livraison des passeports biométriques restent sans suite concrète. Alors que le ministère des Affaires étrangères avait annoncé une reprise effective du processus en 2025

Depuis plusieurs mois, les promesses du gouvernement congolais sur la livraison des passeports biométriques restent sans suite concrète. Alors que le ministère des Affaires étrangères avait annoncé une reprise effective du processus en 2025, la réalité sur le terrain montre une tout autre image : les Congolais, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, attendent toujours.

« Nous sommes Congolais, mais parfois, on a l’impression d’être oubliés par notre propre pays. »
Merveille K., Congolaise résidant en Belgique

Entretiens à distance : WhatsApp, Google Meet et appels téléphoniques

Dans le cadre de cette enquête, nous avons échangé avec plusieurs compatriotes.
Certains ont témoigné depuis la France, la Belgique, l’Afrique du Sud et l’Ouganda, tandis que d’autres ont parlé depuis les zones sous contrôle du M23 au Nord-Kivu.

En France, Pascal M., étudiant congolais, témoigne :

« Cela fait huit mois que j’ai déposé mon dossier au consulat. À chaque fois, on nous dit que les machines de capture sont en maintenance ou qu’il faut attendre les instructions de Kinshasa. On ne comprend plus rien. »

Depuis la Belgique, Merveille K. parle d’un « rêve administratif brisé » :

« En Europe, presque tous les pays d’Afrique délivrent les passeports à temps. Pourquoi pas nous ? Même pour un renouvellement, il faut parfois plus d’un an ! »

En Afrique du Sud, un cri d’injustice

À Johannesburg, un autre témoin, Justin M., entrepreneur, exprime sa frustration :

« J’ai fait ma capture  depuis avril 2024. Jusqu’à présent, pas de passeport. J’ai perdu un contrat de travail à cause de ça. Je me sens victime de la lenteur de mon propre pays. »

En Ouganda, la peur d’expiration des documents provisoires

À Kampala, Claudine et Bosco, deux jeunes réfugiés économiques, confirment que leurs récépissés de capture arrivent à expiration :

« On a déjà payé, on a tout fait dans la légalité. Mais le passeport n’arrive jamais. Certains d’entre nous ont peur d’être arrêtés pour séjour irrégulier », dit Claudine, la voix tremblante.

Sur le terrain au Nord-Kivu : une situation encore plus complexe

Pendant ce temps, au Nord-Kivu, un communiqué du ministère annonce l’installation d’un centre de capture biométrique à Beni.
Mais cette nouvelle ne réjouit pas tout le monde.
Les habitants de Goma, Rutshuru et Masisi, notamment ceux vivant dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, s’interrogent :

« Nous aussi, nous sommes Congolais. Mais comment allons-nous voyager si le seul centre de capture est à Beni ? Nous n’avons pas accès à cette zone. »

Trois habitants de Goma rencontrés sur le terrain confirment :

« Nous avons fait nos captures à Goma il y a une année. Jusqu’à présent, rien. On dirait que Kinshasa nous a oubliés. »

Que dit l’expert ?

Selon un agent diplomatique joint via Google Meet, le problème ne serait pas seulement administratif :

« Il y a des questions logistiques, notamment le manque d’appareils, les lenteurs d’approvisionnement en puces électroniques, et des tensions liées à la sécurité dans certaines régions. »

Cependant, d’autres estiment que la négligence politique et la mauvaise gouvernance jouent un rôle majeur dans ces retards.

« Comment expliquer qu’un pays comme la RDC, avec toutes ses ressources, ne puisse pas livrer des passeports à ses citoyens pendant plus d’un an ? », s’interroge un enseignant d’université à Goma.

Une inégalité d’accès à la citoyenneté

Cette crise dépasse la simple question administrative.
Elle révèle une inégalité d’accès à la citoyenneté : certains peuvent voyager, d’autres non, selon leur localisation géographique ou leur proximité avec les zones administratives contrôlées.

Un père de famille rencontré à Goma conclut avec amertume :

« Avoir un passeport congolais est devenu un luxe. Pourtant, c’est un droit, pas une faveur. »

En attente d’un vrai changement

La population espère que le ministère des Affaires étrangères tiendra enfin sa promesse et que la Banque centrale, les services logistiques et l’Imprimerie nationale coordonneront leurs efforts pour résoudre ce dossier.
Car derrière chaque demande en attente, il y a une histoire humaine, un rêve suspendu.

Pour Zionnews-tv.net / Jason Kabera

You may also like

Leave a Comment