Selon le département américain du Trésor, la Zigama Credit and Savings Society est soupçonnée d’avoir facilité le soutien financier du Rwanda au M23 ainsi qu’à son ancienne vitrine politique, l’Alliance du fleuve Congo (AFC).
Ces sanctions prévoient le gel de tous les avoirs et intérêts des entités visées qui se trouvent aux États-Unis ou relèvent de la juridiction américaine. Elles concernent également les biens détenus ou contrôlés par des ressortissants américains, conformément aux dispositions applicables.
Cette nouvelle mesure de Washington s’inscrit dans le prolongement des Accords de Washington pour la paix et la prospérité, conclus entre la République démocratique du Congo et le Rwanda le 4 décembre 2025. Elle traduit la volonté américaine de maintenir la pression sur les parties concernées afin de favoriser le respect des engagements pris dans le cadre du processus de paix.
Dieume Mutumwa réclame des poursuites judiciaires contre Paul Kagame
Réagissant à cette décision américaine, Dieume Mutumwa a salué l’initiative de Washington à l’égard des autorités rwandaises. Pour lui, ces sanctions constituent une étape importante dans la recherche de la responsabilité des acteurs impliqués dans la crise sécuritaire qui secoue l’est de la RDC.
Toutefois, Dieume Mutumwa estime que les mesures financières ne devraient pas constituer une finalité. Il plaide également pour la reddition de comptes et l’ouverture de poursuites judiciaires contre le président rwandais Paul Kagame, qu’il tient pour responsable des exactions répétées commises sur le territoire congolais depuis plusieurs décennies.
Cette prise de position relance le débat sur la responsabilité des dirigeants, la justice internationale et la nécessité de mettre fin à l’impunité dans la région des Grands Lacs.
Une nouvelle pression américaine dans la crise entre Kinshasa et Kigali
Les sanctions annoncées le 28 octobre 2026 constituent un nouveau développement dans les relations entre Washington, Kinshasa et Kigali. Alors que les initiatives diplomatiques se poursuivent pour ramener la paix dans l’est de la RDC, la question du soutien présumé au M23 demeure au cœur des préoccupations congolaises et internationales.
Pour de nombreux observateurs, l’efficacité de ces mesures dépendra notamment de leur application, du respect des engagements diplomatiques et de la mise en place de mécanismes crédibles de justice et de reddition de comptes.
JOSUE MISHUMBI