Aujourd’hui, nous pouvons parler avec une personne qui se trouve à des milliers de kilomètres en quelques secondes. Un simple téléphone nous permet d’envoyer un message, de faire un appel vidéo ou de partager une photo. Pourtant, malgré toutes ces possibilités, une question mérite d’être posée : sommes-nous vraiment plus proches les uns des autres ?
Regardez autour de vous. Dans un restaurant, dans un bus, à la maison ou même lors d’une visite familiale, chacun peut être concentré sur son téléphone. On est assis à côté d’une personne que l’on aime, mais notre attention est ailleurs. Parfois, nous connaissons mieux la vie d’une personne qui habite à l’autre bout du monde que celle de notre propre frère.
Les réseaux sociaux nous donnent aussi l’impression d’avoir beaucoup d’amis. Nous avons des centaines de contacts, des milliers d’abonnés et beaucoup de personnes qui regardent nos publications. Mais lorsque nous traversons un moment difficile, combien sont réellement prêts à venir nous voir, à nous écouter ou simplement à rester à nos côtés ?
Il y a aussi cette étrange habitude de vouloir montrer que tout va bien. Nous publions nos beaux vêtements, nos voyages, nos repas, nos fêtes et nos sourires. Mais parfois, après avoir posté la photo, nous déposons le téléphone et nous retrouvons seuls avec nos problèmes. On peut recevoir cent “J’aime” et pourtant avoir besoin d’une seule personne qui demande sincèrement : “Est-ce que tu vas vraiment bien ?”
Le téléphone n’est pourtant pas notre ennemi. Les réseaux sociaux peuvent rapprocher des familles séparées par la distance, permettre à des amis de rester en contact et donner une voix à ceux qui ne pouvaient pas être entendus auparavant. Le problème commence lorsque l’écran prend la place des personnes qui sont réellement devant nous.
Il faut parfois regarder notre comportement. Combien de fois avons-nous répondu à un message pendant qu’une personne nous parlait ? Combien de fois avons-nous regardé notre téléphone alors que notre mère, notre père, notre épouse, notre mari, notre enfant ou notre ami avait simplement besoin de notre attention ?
Et parfois, le plus triste arrive sans que nous le comprenions. Un jour, certaines personnes qui nous appellent aujourd’hui ne pourront peut-être plus nous appeler. Certaines personnes que nous ignorons parce que nous sommes « occupés » ne seront peut-être plus là demain. Et ce jour-là, nous aurons peut-être beaucoup de photos, beaucoup de messages et beaucoup de souvenirs sur notre téléphone, mais nous ne pourrons plus retourner dans le passé pour donner cinq minutes à quelqu’un.
Alors, utilisons les réseaux sociaux, mais ne laissons pas les réseaux sociaux utiliser notre vie. Parlons avec ceux qui sont loin, mais n’oublions pas ceux qui sont près de nous. Prenons parfois le temps de poser le téléphone, de regarder quelqu’un dans les yeux et de lui dire : « Je suis là. »
Parce qu’au fond, nous n’avons pas seulement besoin d’être connectés à Internet. Nous avons besoin d’être connectés aux êtres humains. Et peut-être que la vraie question n’est pas de savoir combien de personnes nous suivent, mais de savoir combien de personnes seraient là si, un jour, nous n’avions plus rien à publier.
Par Pascal Nduyiri