La guerre qui secoue l’est de la République démocratique du Congo continue de faire des victimes civiles et de détruire des infrastructures essentielles.
Ce mercredi 20 mai 2026, un bombardement attribué à un drone a entièrement détruit le centre de formation professionnelle de l’organisation humanitaire Jeunes Solutions à Mikenge, dans les hauts plateaux d’Itombwe, au Sud-Kivu.
L’attaque, survenue vers 10 heures du matin, a plongé la population locale dans la peur et la consternation. Selon plusieurs sources locales, le centre visé jouait un rôle majeur dans la réinsertion sociale et économique des femmes vulnérables, des survivantes de violences sexuelles ainsi que des jeunes démobilisés des groupes armés.
Un projet humanitaire soutenu par le UN Trust Fund
Financé par le UN Trust Fund, l’établissement offrait des formations professionnelles destinées à favoriser l’autonomisation des communautés affectées par les conflits armés dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.
Le centre disposait notamment de plusieurs équipements pédagogiques importants, parmi lesquels :
- Quarante machines à coudre ;
- Une unité de fabrication de savon ;
- Des stocks de matériaux de construction ;
- Des outils destinés à la formation des jeunes et des femmes.
Après le bombardement, l’ensemble des installations a été réduit en cendres.
Un lourd bilan humain à Mikenge
Le bilan provisoire fait état d’au moins quatre morts et de plusieurs blessés civils. La proximité du marché local au moment de l’explosion aurait aggravé les pertes humaines.
Des habitants dénoncent une nouvelle attaque contre des infrastructures civiles dans une région déjà profondément fragilisée par les affrontements entre groupes armés.
La société civile accuse l’AFC/M23
Le bureau de coordination de la société civile d’Itombwe a condamné fermement cette frappe et accuse directement la coalition armée AFC/M23-ARC, Twirwaneho Minembwe et Red-Tabara d’être responsables du bombardement.
Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions croissantes dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les violences liées au conflit du M23 continuent de provoquer déplacements de populations, insécurité et crise humanitaire.
Appel au respect du droit international humanitaire
Face à cette tragédie, l’organisation Jeunes Solutions a rappelé que les infrastructures humanitaires et civiles ne doivent jamais être ciblées en période de conflit armé.
L’organisation appelle toutes les parties impliquées dans la guerre à respecter strictement le droit international humanitaire ainsi que les Conventions de Genève, afin de protéger les populations civiles et les structures d’assistance humanitaire.
LA REDACTION
