Home » Violations graves du droit à la vie dans l’Est de la RDC : la LISVDHE interpelle l’État sur la protection des civils

Violations graves du droit à la vie dans l’Est de la RDC : la LISVDHE interpelle l’État sur la protection des civils

by Zionnews
Les violences armées continuent de faire des victimes dans l’Est de la République démocratique du Congo. Depuis la nuit du 6 au 7 mai 2026

Les violences armées continuent de faire des victimes dans l’Est de la République démocratique du Congo. Depuis la nuit du 6 au 7 mai 2026, plusieurs attaques attribuées aux rebelles des Allied Democratic Forces ont frappé des localités du Nord-Kivu et de l’Ituri, causant la mort de dizaines de civils et ravivant les inquiétudes sur la sécurité des populations.

Au moins 24 civils tués dans le territoire de Beni

Dans le groupement Batangi-Mbau, en territoire de Beni, des hommes armés ont attaqué les villages de Manzungu, Musangwa, Wasafi et Mangambo. Le bilan provisoire fait état d’au moins vingt-quatre civils tués lors de ces violences attribuées à des présumés combattants ADF.

Les corps des victimes ont été transférés à la morgue d’Oïcha, alors que les recherches se poursuivent pour retrouver d’éventuels disparus et établir un bilan définitif.

Nouvelle offensive meurtrière en Ituri

En province de Ituri, plusieurs attaques ont également été signalées dans le territoire de Mambasa. Le 7 mai 2026, une nouvelle offensive a visé Biakato-centre, dans le quartier Laliya, en chefferie des Babila-Babombi.

Selon des sources locales, douze personnes ont été tuées, dont dix hommes et deux femmes. Plusieurs habitants restent portés disparus après cette attaque qui a semé la panique au sein de la population.

Des alertes sécuritaires ignorées ?

D’après plusieurs témoignages recueillis auprès des populations locales, des mouvements suspects des assaillants avaient été signalés aux forces de sécurité avant les attaques. Toutefois, aucune intervention préventive efficace n’aurait été menée pour empêcher les massacres.

Ces révélations alimentent les critiques contre les autorités congolaises, accusées par certains acteurs de la société civile de ne pas assurer une protection suffisante des civils dans les zones touchées par les groupes armés.

La LISVDHE dénonce des manquements graves de l’État

Dans un communiqué, la Ligue internationale pour la sauvegarde des droits de l’homme et de l’environnement (LISVDHE) estime que ces attaques soulèvent de sérieuses interrogations sur le respect des obligations constitutionnelles et internationales de l’État congolais en matière de protection des droits humains.

L’organisation rappelle que la mission première de l’État consiste à garantir la sécurité des citoyens, préserver l’ordre public et protéger les droits fondamentaux. Selon elle, les massacres répétés dans l’Est du pays traduisent une grave défaillance des autorités publiques.

La LISVDHE considère également que l’inaction face aux violences récurrentes engage la responsabilité politique, juridique et morale des dirigeants.

Félix Tshisekedi interpellé sur la situation sécuritaire

L’organisation critique par ailleurs l’attention accordée aux débats politiques autour d’une éventuelle révision constitutionnelle, alors que les populations de l’Est continuent de vivre sous la menace permanente des groupes armés.

Dans son communiqué, la LISVDHE affirme que « sous l’ère Félix Tshisekedi, l’insécurité dans l’Est du pays connaît une aggravation préoccupante ».

Elle s’interroge notamment sur la capacité réelle de l’État congolais à remplir ses missions régaliennes dans une région pourtant fortement militarisée.

« S’agit-il d’une incapacité structurelle de l’État ou d’une forme de tolérance coupable face à ces crimes ? », questionne l’organisation, appelant les autorités congolaises à prendre des mesures urgentes pour protéger les civils et établir les responsabilités.

LA REDACTION

You may also like

Leave a Comment