Le gouvernement de la République démocratique du Congo est monté au créneau pour clarifier les contours du Dispositif d’Accueil Transitoire (DAT), mis en place en collaboration avec les États-Unis et des partenaires internationaux.
Ce mécanisme, destiné à gérer le transit de ressortissants de pays tiers, suscite de vives interrogations au sein de l’opinion publique.
Un mécanisme de transit, pas d’installation
Face aux rumeurs d’une installation massive de migrants en RDC, les autorités congolaises se veulent rassurantes. Le DAT est présenté comme un dispositif strictement temporaire.
« Elles passent, elles ne restent pas », résume une source gouvernementale, insistant sur le fait que les personnes concernées ne sont que de passage sur le territoire congolais avant leur réacheminement vers leurs pays d’origine.
Un dispositif encadré et limité
Selon les explications officielles, le mécanisme concerne un groupe restreint de personnes, traité au cas par cas. Le gouvernement rejette toute idée d’afflux massif ou incontrôlé.
Le processus est décrit comme :
- progressif
- organisé
- réversible
L’État congolais conserve ainsi la possibilité de suspendre ou d’interrompre le dispositif à tout moment si les conditions ne sont plus réunies.
Pas de nécessité de ratification parlementaire
Concernant l’absence de validation par le Parlement, le gouvernement invoque les dispositions constitutionnelles. Le DAT ne modifie ni les lois en vigueur, ni le territoire national, ni l’état civil des personnes concernées, et n’engage pas les finances publiques.
Toutefois, les institutions ont été informées dans un souci de transparence et de contrôle.
Déploiement progressif dès avril
Les premières arrivées sont attendues avant la fin du mois d’avril, dans un cadre logistique strictement encadré. Les autorités précisent qu’il ne s’agira pas de mouvements massifs, mais d’un déploiement progressif et maîtrisé.
La durée de séjour des personnes concernées varie de quelques jours à plusieurs mois, avec un maximum estimé entre trois et six mois pour les cas les plus complexes. Le dispositif dans son ensemble devrait s’étendre sur une période d’environ un an.
Sécurité et contrôle renforcés
Face aux inquiétudes liées à la sécurité, le gouvernement assure que chaque profil fait l’objet de vérifications approfondies. Les identités sont rigoureusement contrôlées et certaines personnes peuvent être exclues si elles ne répondent pas aux critères établis.
Les autorités affirment ainsi garder un contrôle total sur le processus.
Aucun coût pour la RDC
Kinshasa insiste également sur le fait que ce dispositif n’entraîne aucune charge financière pour l’État congolais. Les coûts liés à l’hébergement, à la logistique et à l’encadrement sont pris en charge par les partenaires internationaux et les organisations spécialisées, notamment Organisation internationale pour les migrations.
Un acte de solidarité internationale
Au-delà des polémiques, le gouvernement présente le DAT comme un geste de solidarité internationale. Il rappelle que de nombreux Congolais bénéficient également de programmes d’accueil dans d’autres pays.
Les autorités estiment que cette initiative contribue à renforcer la crédibilité diplomatique de la RDC sur la scène internationale, tout en respectant les engagements internationaux, notamment la Convention de 1951 relative aux réfugiés.
Des critiques rejetées par le gouvernement
Certaines organisations de la société civile ont exprimé des réserves, évoquant un risque de « déversement » de migrants. Des accusations que le gouvernement rejette fermement.
Kinshasa insiste sur le caractère limité, temporaire et encadré du dispositif, tout en réaffirmant qu’il ne repose sur aucune logique financière ou de marchandisation des personnes.
JOSHMISHUMBI

