Le répit judiciaire accordé au docteur David Balanganayi pourrait être de courte durée. Actuellement en fuite et activement recherché, le médecin devra à nouveau répondre de ses actes devant la justice, cette fois dans le cadre d’un procès en appel qui s’ouvrira dans les tout prochains jours à la Cour d’appel de Kinshasa/Matete.
À l’origine de cette nouvelle procédure, le Ministère public, qui conteste le jugement rendu en première instance par le tribunal de grande instance de Kinkole. Le 9 avril dernier, il a formellement interjeté appel, affichant sa volonté d’obtenir une condamnation plus lourde à l’encontre du praticien.
Pour rappel, le docteur Balanganayi est poursuivi pour des faits graves, notamment torture, atteinte à la dignité humaine et coups et blessures aggravés. Il lui est reproché d’avoir violemment maltraité une patiente, Dorcas, peu après son accouchement à la maternité de l’hôpital général de Kinkole à Kinshasa, allant jusqu’à ordonner l’enregistrement de la scène.
Jugé en procédure de flagrance au premier degré, il avait écopé d’une peine de deux mois de servitude pénale assortie d’un sursis d’une année, lui permettant ainsi d’éviter la détention.
Mais l’affaire a pris une nouvelle tournure après des déclarations controversées du médecin. Devant les fidèles de son église, il a affirmé qu’au cours de sa détention, un émissaire du président Félix Tshisekedi lui aurait assuré que son dossier était déjà réglé.
Ces propos, largement relayés, ont ravivé les interrogations au sein de l’opinion publique sur l’indépendance de la justice en République démocratique du Congo.
NESTOR ILO
