Le débat sur l’éventuel changement de la Constitution du 18 février 2006 est loin de s’essouffler en République démocratique du Congo.

Depuis que le camp au pouvoir a affiché sa volonté d’adapter la loi fondamentale aux réalités actuelles du pays, les prises de position se multiplient au sein de la classe politique, de la société civile et des confessions religieuses.
Deux camps se dessinent désormais clairement dans l’espace public. D’un côté, les partisans de la révision constitutionnelle, regroupés notamment au sein de la coalition C4. Cette plateforme rassemble plusieurs mouvements sociétaux, des figures de la société civile, ainsi que des responsables religieux favorables à une réforme de la Constitution.
De l’autre côté, les opposants à toute modification de la loi fondamentale se retrouvent au sein de la coalition C64. Parmi eux figurent des mouvements citoyens tels que Filimbi et la LUCHA, des acteurs de la société civile, des responsables religieux ainsi que plusieurs personnalités politiques de l’opposition.
Dans cette confrontation d’idées, les échanges deviennent de plus en plus vifs. L’un des épisodes les plus commentés ces derniers jours concerne Martin Fayulu, ancien candidat à l’élection présidentielle et figure de l’opposition congolaise.
Celui qui continue de se présenter comme le « président élu » s’en est récemment pris à l’évêque Ejiba Yamampia, président de l’Église de réveil au Congo (ERC ), engagé dans la campagne en faveur du changement de la Constitution. En réaction aux déclarations du prélat affirmant agir conformément à la volonté divine, Martin Fayulu avait lancé une phrase qui a rapidement fait polémique : « Dieu n’aime pas les bêtises ».
Une sortie qui n’est pas restée sans réponse.
Depuis la chaire de son Église, l’évêque Ejiba Yamampia a réagi avec fermeté. Sans citer directement Martin Fayulu, il a répondu à ceux qui l’accusent d’agir contre l’intérêt du pays :
« Il y a des politiciens qui disent que je fais des bêtises. Je vais leur dire qu’il arrivera un moment où vous comprendrez que Dieu était dans chaque étape de notre démarche. »
Cette déclaration relance une controverse déjà très présente dans le débat national.
Quelques jours auparavant, l’évêque Yamampia avait conduit une importante manifestation de soutien au changement de la Constitution sur le terrain annexe du Stade des Martyrs à Kinshasa.
Une mobilisation qui témoigne de l’implication croissante des acteurs religieux dans ce dossier sensible, appelé à alimenter encore longtemps les discussions politiques congolaises.
LA RÉDACTION
