Le prix des haricots connaît une hausse considérable sur les marchés de Butembo. Vendu auparavant à 25 000 francs congolais, le seau coûte désormais entre 48 000 et 50 000 FC.
Cette augmentation, observée ce vendredi 6 novembre 2026, intervient dans un contexte de perturbation de l’approvisionnement en provenance de plusieurs bassins agricoles. L’insécurité, les difficultés d’accès aux champs, les conflits fonciers autour du parc national des Virunga et les dégâts causés par les éléphants figurent parmi les facteurs avancés par les commerçantes.
La flambée des prix touche également les petites mesures, dont le coût est passé de 500 à 1 300 FC. Katungu Mbunika, vendeuse de haricots, établit un lien entre cette situation et le déplacement des agriculteurs qui abandonnent leurs zones de production. « Le seau se vend actuellement à 48 000 FC, alors qu’il coûtait auparavant 25 000 FC. Les agriculteurs ont déjà quitté la zone pour venir s’installer ici. C’est ce qui explique la hausse des prix des produits alimentaires », témoigne-t-elle.
Dans certaines zones agricoles, notamment à Isale, dans la chefferie de Bashu, territoire de Beni, les difficultés de production sont également aggravées par les tensions entre les écogardes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et les agriculteurs riverains du parc national des Virunga. Accusés de cultiver à l’intérieur de l’aire protégée, certains agriculteurs sont confrontés à la destruction de leurs cultures lors des interventions des gardes du parc. À ces conflits s’ajoutent les effets des conditions climatiques et les dégâts occasionnés par les éléphants. Kavugho Lusiya évoque ces différentes contraintes pour expliquer la rareté des haricots. « Si le prix des haricots augmente, c’est à cause de la situation qui prévaut à Isale. Premièrement, le soleil a détruit les cultures. Deuxièmement, certaines cultures ont été ravagées dans les champs. Troisièmement, les éléphants sont également passés et ont détruit les plantations. Nous sommes obligés d’augmenter les prix parce que nous sommes confrontés à une pénurie », explique-t-elle. Elle cite également Oïcha, Mangina et Manguredjipa parmi les zones qui contribuent habituellement à l’approvisionnement de Butembo.
La guerre affecte, elle aussi, plusieurs autres bassins de production, notamment kitsumbiro, Kipese, Cantine et Mabuku. Ces localités, qui approvisionnent habituellement les commerçants de Butembo, connaissent des difficultés qui perturbent les circuits d’approvisionnement. Kahambu Valyani, vendeuse de haricots au marché central, déplore les conséquences de cette insécurité sur les activités commerciales et appelle les autorités à œuvrer pour le rétablissement de la paix. « Les haricots que nous vendons proviennent notamment de kitsumbiro, Kipese, Cantine, Mabuku et d’autres localités où les conséquences de la guerre se font également sentir. Nous nous demandons même si les autorités existent réellement, car des personnes sont tuées presque chaque jour, sans que la situation ne change. Nous leur demandons de s’investir davantage pour mettre fin à cette guerre afin que les activités puissent reprendre normalement. C’est cette guerre qui nous met en difficulté », déclare-t-elle.
La hausse du prix des haricots pèse directement sur le pouvoir d’achat des ménages de Butembo. Cette légumineuse, régulièrement consommée dans les familles, notamment au déjeuner, devient de plus en plus difficile à acquérir. Entre la baisse de l’offre et l’augmentation des prix, les consommateurs subissent les conséquences des difficultés agricoles et sécuritaires qui touchent les zones d’approvisionnement de la ville.
Maua Grace