À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée ce mercredi 12 août 2026, le président du Conseil provincial de la jeunesse (CPJ) du Kasaï-Central, Emmanuel Kabangu Mundidimbi, a lancé un appel à la mobilisation de la jeunesse autour des enjeux liés au développement de la province.
S’exprimant devant la presse locale dans la salle CEICA, à Kananga, Emmanuel Kabangu a placé son intervention sous le thème provincial : « Entrepreneuriat, justice et paix : socle du développement ». Un choix qui traduit, selon lui, la nécessité de faire de la jeunesse non seulement une force sociale, mais également un véritable acteur du développement économique et de la consolidation de la paix.
Dans son message, le président du CPJ a rappelé que la Journée internationale de la jeunesse constitue un moment privilégié pour mettre en lumière les aspirations des jeunes, mais aussi pour réfléchir aux moyens de renforcer leur participation à la vie de la société et à la construction de la nation.
Emmanuel Kabangu a exhorté les jeunes du Kasaï-Central à faire preuve de responsabilité, d’unité et de patriotisme. Il les a notamment invités à accompagner les institutions de la République ainsi que les autorités provinciales dans leurs efforts en faveur du développement.
Il a également encouragé la jeunesse à soutenir la campagne « Oui, je le veux », initiée par le ministère national de la Jeunesse. Cette initiative vise notamment à favoriser la participation des jeunes aux opportunités et mécanismes prévus par la Constitution.
Pour le responsable provincial de la jeunesse, l’engagement des jeunes ne devrait toutefois pas se limiter aux discours ou aux manifestations publiques. Il doit également se traduire par des initiatives concrètes dans les domaines de l’entrepreneuriat, de l’éducation, de la citoyenneté et de la cohésion sociale.
L’accent mis sur l’entrepreneuriat apparaît particulièrement important dans une province où de nombreux jeunes sont confrontés au chômage et à la précarité.
La promotion de l’entrepreneuriat peut permettre aux jeunes de passer du statut de demandeurs d’emploi à celui de créateurs d’activités et d’opportunités. Elle nécessite cependant un accompagnement durable accès au financement, formation professionnelle, encadrement technique, accès aux marchés et amélioration du climat des affaires.
Dans cette perspective, la formation annoncée de 50 jeunes en entrepreneuriat constitue une première étape intéressante. Son impact dépendra néanmoins de la capacité des bénéficiaires à transformer les connaissances acquises en projets économiquement viables.
Le choix de placer la paix et la justice au même niveau que l’entrepreneuriat n’est pas anodin. Le développement économique reste difficile à maintenir dans un environnement marqué par les tensions, les divisions sociales ou le manque de confiance entre les communautés.
La jeunesse peut ainsi jouer un rôle déterminant dans la prévention des conflits et la consolidation de la cohésion sociale. Les activités sportives, les rencontres de sensibilisation et les échanges entre jeunes peuvent contribuer à créer des espaces de dialogue et à renforcer le sentiment d’appartenance à une même communauté.
Pour donner une dimension concrète à son message, le CPJ Kasaï-Central a annoncé plusieurs activités qui s’étendront d’août à septembre 2026.
Un panel de réflexion réunissant les jeunes est prévu le 18 août dans la salle CEICA de Kananga. Le 22 août, une activité autour d’un match de football est annoncée, avec pour objectif de favoriser la fraternité et la cohésion entre les jeunes.
Le programme prévoit également une marche de santé le 29 août, avant une campagne de sensibilisation dans les cinq territoires de l’intérieur de la province, du 31 août au 20 septembre.
Cette tournée débutera par le territoire de Demba. Elle sera consacrée notamment à la vulgarisation de l’initiative « Oui, je le veux » et à la formation de 50 jeunes en entrepreneuriat.
Au-delà de la célébration de la Journée internationale de la jeunesse, le message d’Emmanuel Kabangu pose une question essentielle : comment transformer le potentiel démographique de la jeunesse en véritable moteur économique et social pour le Kasaï-Central ?
La réponse passe notamment par une meilleure implication des jeunes dans les politiques publiques, mais aussi par des investissements conséquents dans leur formation, leur autonomisation économique et leur participation citoyenne.
L’appel du CPJ prend ainsi une dimension particulière dans le contexte provincial. Faire de l’entrepreneuriat un levier économique, de la justice un principe de cohésion et de la paix une condition du progrès pourrait contribuer à créer un environnement plus favorable à l’épanouissement de la jeunesse.
La réussite de cette vision dépendra toutefois de la continuité des actions annoncées, de l’accompagnement des jeunes après leur formation et de la capacité des différents acteurs autorités, secteur privé, organisations de jeunesse et partenaires à travailler ensemble.
À travers cette mobilisation, le Conseil provincial de la jeunesse entend placer les jeunes au cœur de la dynamique de développement du Kasaï-Central, en les encourageant à devenir des acteurs capables de proposer des solutions aux défis de leur province plutôt que de simples bénéficiaires des politiques publiques.
Nestor ILO
