L’organisation de la société civile Debout Congolais pour le Développement Durable (DCDD/ASBL) dénonce les retards dans la construction du bâtiment moderne de la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP) à Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-Central.
Dans un plaidoyer public rendu ce lundi 26 octobre 2026, l’organisation interpelle les autorités compétentes sur l’évolution de ce projet et appelle à un recrutement transparent, équitable et inclusif des jeunes de la province.
Dans son document, le DCDD rappelle que la première pierre de cet édifice a été posée le 18 novembre 2025 par le vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique. Toutefois, plusieurs mois après cet événement, l’organisation estime que la situation du chantier nécessite des éclaircissements.
Elle réclame notamment des informations précises sur le niveau d’avancement des travaux, les éventuelles difficultés rencontrées, le calendrier d’exécution ainsi que les responsabilités des différents intervenants dans la réalisation du projet.
Le DCDD critique également le déplacement du directeur général de la CNSSAP, Junior Mata Melanga, qu’il juge coûteux pour les finances publiques et dont les retombées concrètes resteraient, selon lui, à démontrer. L’organisation appelle ainsi à davantage de transparence dans la gestion de ce dossier.
Le fonctionnement de l’antenne provinciale au cœur des préoccupations
Au-delà de la question des infrastructures, le DCDD exprime ses inquiétudes concernant le fonctionnement de l’antenne provinciale de la CNSSAP à Kananga. L’organisation estime que les effectifs actuels seraient insuffisants pour permettre à cette structure d’accomplir efficacement ses missions et de répondre aux besoins des bénéficiaires.
Elle déplore également l’absence, selon ses observations, de recrutements réguliers susceptibles d’offrir davantage de perspectives professionnelles aux jeunes diplômés du Kasaï-Central, alors que la présence de stagiaires est signalée au sein de cette antenne.
Cette situation suscite des interrogations au sein de la population, particulièrement parmi les jeunes en quête d’opportunités d’emploi dans les institutions publiques.
Des accusations de discrimination dans le recrutement
Le DCDD dénonce ce qu’il considère comme un manque de transparence dans la gestion des opportunités d’emploi au sein de l’antenne provinciale de la CNSSAP. L’organisation met en garde contre les risques de favoritisme et de gestion familiale des emplois, susceptibles de compromettre les principes d’égalité des chances, de mérite et d’équité.
Elle accuse notamment le directeur général de la CNSSAP, Junior Mata Melanga, de pratiques discriminatoires dans le recrutement au niveau de cette structure provinciale.
Ces accusations, formulées par l’organisation dans son plaidoyer, appellent à des clarifications de la part des responsables concernés.
Le DCDD rappelle que l’accès aux emplois dans les établissements publics doit se faire conformément aux textes légaux et réglementaires en vigueur, sans discrimination fondée sur l’appartenance tribale ou ethnique, ni favoritisme.
L’organisation insiste, par ailleurs, sur la nécessité de garantir aux jeunes du Kasaï-Central les mêmes possibilités d’accès à l’emploi public que celles offertes aux candidats des autres provinces de la République démocratique du Congo.
Un appel à l’implication du chef de l’État
Face à ces préoccupations, le DCDD sollicite l’implication personnelle du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, afin que les services compétents établissent la lumière sur la situation du chantier de la CNSSAP à Kananga.
L’organisation plaide également pour la mise en place de mesures concrètes visant à renforcer la transparence, la redevabilité et le respect des engagements pris dans le cadre de ce projet.
À travers cette démarche, le DCDD entend attirer l’attention des autorités nationales sur les attentes de la population du Kasaï-Central, tant en matière de modernisation des infrastructures publiques que d’accès équitable aux opportunités professionnelles.
L’évolution du chantier et les modalités de recrutement au sein de l’antenne provinciale de la CNSSAP restent ainsi au centre des préoccupations soulevées par cette organisation de la société civile, qui appelle à des réponses concrètes des autorités concernées.
Pascal Tshibuabua