À Kalamu, des mouvements citoyens plaident pour une jeunesse engagée dans la gouvernance locale
Les mouvements citoyens Filimbi, LUCHA et Youth for Peace DRC ont appelé les jeunes de Kinshasa à s’impliquer activement dans la gouvernance publique et à renforcer le contrôle citoyen des projets de l’État.
Cet appel a été lancé jeudi, lors d’une tribune d’expression populaire organisée dans la commune de Kalamu autour du thème :
« L’engagement des jeunes dans le suivi parlementaire citoyen des projets publics de l’État ».
À travers cette rencontre citoyenne, les organisateurs ont insisté sur la nécessité pour les communautés locales de participer aux décisions publiques afin de garantir un développement répondant aux besoins réels de la population.
Les intervenants ont rappelé que l’avènement des Entités territoriales décentralisées (ETD), consacré par la Constitution de la République démocratique du Congo, avait pour objectif de rapprocher la gouvernance des citoyens et de favoriser un développement durable à partir de la base.
« Les citoyens doivent participer aux discussions liées à l’élaboration du budget local afin d’orienter les besoins prioritaires de leurs communautés », a déclaré Jeacque Issongo, militant du mouvement LUCHA.
Plusieurs participants ont également dénoncé le faible niveau d’implication des citoyens dans les prises de décisions publiques ainsi que l’abandon de nombreux projets initiés par les autorités sans aucune explication à la population.
Pour Christophe Muhisa, militant du mouvement Filimbi et expert en gouvernance locale, le manque d’information constitue un véritable frein au contrôle citoyen.
« Le véritable développement d’une communauté part de la base. Lorsqu’il y a un déficit d’informations, il devient difficile pour les citoyens de suivre les décisions prises par les parlementaires, que ce soit au niveau national, provincial ou communal », a-t-il expliqué.
Avant d’ajouter :
« Cette situation impacte négativement nos communautés. Aujourd’hui, les autorités ne sont plus véritablement redevables devant la population. »
Les échanges ont également porté sur le rôle des conseillers communaux récemment élus, appelés à jouer un rôle essentiel dans le contrôle citoyen à la base.
Présente à ces assises citoyennes, l’honorable Antoinette Lokomba Mboyo, conseillère communale élue de Makala, a regretté le manque d’accompagnement dont bénéficient les élus locaux.
« Nous ne disposons même pas d’un cadre de travail idéal. Personne ne s’occupe réellement de nous », a-t-elle déploré.
À travers cette initiative, les mouvements citoyens entendent promouvoir une culture de participation citoyenne afin de permettre aux communautés locales de mieux suivre l’exécution des projets publics et d’exiger davantage de redevabilité de la part des autorités.
Il convient de signaler que plusieurs autorités municipales invitées à cette activité ont brillé par leur absence. Malgré cela, les participants ont salué cette initiative citoyenne qu’ils jugent importante pour éveiller la conscience collective des jeunes et encourager leur implication dans le développement local.
La Rédaction


