À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée en différé lundi 4 mai à Butembo, des journalistes déplacés de l’axe Manguredjipa-Mwenye ont lancé un cri d’alarme sur la disparition progressive des radios locales dans les zones en conflit.
Réunis pour un échange en marge de la commémoration officielle du 3 mai, ces professionnels des médias ont dressé un constat inquiétant : plusieurs stations ont été contraintes de fermer, d’autres détruites par les violences armées.
À Musenge, une radio communautaire a notamment été incendiée en début d’année par des éléments présumés des ADF, réduisant au silence une importante source d’information pour la population.
Malgré ces épreuves, les journalistes déplacés affirment leur détermination à poursuivre leur mission. Présent à cette rencontre, Maître Katembo Mirembe, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise à Butembo, a salué leur résilience.
« En dépit des menaces et des conditions précaires, vous continuez à informer. C’est un acte de courage qui mérite d’être soutenu », a-t-il déclaré, tout en les exhortant à respecter les règles d’éthique et les lois encadrant la profession.
Selon lui, la liberté de la presse reste fragile dans les zones affectées par l’insécurité, où les journalistes sont souvent exposés à des pressions et intimidations.
Il les a appelés à privilégier le professionnalisme, à éviter la désinformation et à contribuer à la consolidation de la paix à travers un traitement responsable de l’information.
Dans un contexte marqué par la fermeture de nombreuses radios et le déplacement de leurs personnels vers des zones supposées plus sûres, les perspectives de relance restent incertaines. Toutefois, un espoir se dessine.
La Fondation Julien Paluku a annoncé son intention d’accompagner les journalistes déplacés et de soutenir la relance des radios de Mwenye. « Nous allons voir comment vous apporter une aide régulière pour que les médias touchés par la guerre puissent reprendre leurs activités », a assuré Paluku Serevete, coordonnateur de la fondation sur l’axe Manguredjipa.
Dans une région où l’accès à l’information devient de plus en plus limité, la survie des médias locaux apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur, à la fois pour la démocratie et pour la résilience des communautés affectées par les conflits.
Maua GRACE
