Alors que le pouvoir d’achat de nombreux Congolais reste sous pression, la question du coût des télécommunications revient avec insistance dans les conversations. Plusieurs utilisateurs dénoncent la hausse ou la réduction de la quantité de services obtenus pour le même montant concernant les forfaits Internet, les appels et les SMS.
À la rédaction de Zion News TV, plusieurs compatriotes ont fait part de leur mécontentement face à cette situation. Selon les retours recueillis auprès de citoyens et les échanges menés avec des utilisateurs de différents réseaux, beaucoup estiment que les services de télécommunication deviennent de plus en plus difficiles à supporter pour les ménages à faibles revenus.
Cette situation soulève une question essentielle : comment un gouvernement peut-il rester indifférent lorsque communiquer, travailler, étudier ou exercer une activité commerciale devient de plus en plus coûteux pour une partie de la population ?
Internet et téléphone : un service devenu indispensable
Aujourd’hui, Internet et la téléphonie mobile ne sont plus de simples outils de confort.
Un étudiant utilise les données mobiles pour suivre ses cours et effectuer ses recherches. Un petit commerçant utilise WhatsApp pour communiquer avec ses clients. Un journaliste en dépend pour transmettre ses informations. Un chauffeur ou un agent commercial utilise son téléphone pour recevoir des commandes.
Pour les familles, les appels et les messages permettent également de rester en contact avec leurs proches, parfois séparés par des centaines de kilomètres.
Dans ce contexte, toute augmentation significative du coût des communications touche directement la vie quotidienne.
L’ARPTC publie régulièrement des données sur le marché de la téléphonie mobile. Son rapport du quatrième trimestre 2025 montre notamment l’importance économique du secteur et la répartition des revenus data entre les principaux opérateurs.
« Pourquoi les mêmes opérateurs sont-ils moins chers ailleurs ? »
C’est l’une des questions qui revient régulièrement dans les réactions des consommateurs.
Certains Congolais comparent les prix des services télécoms disponibles en RDC avec ceux pratiqués dans d’autres marchés où les mêmes groupes internationaux sont présents.
Cette comparaison ne permet pas, à elle seule, de conclure que les opérateurs appliquent volontairement des prix excessifs en RDC : les coûts d’infrastructure, les taxes, la fiscalité, la couverture territoriale, l’énergie et les conditions économiques peuvent varier fortement d’un pays à l’autre.
Mais cette comparaison soulève une autre question légitime :
Pourquoi le consommateur congolais devrait-il payer davantage pour un service dont la qualité est parfois jugée insuffisante ?
La question mérite une réponse claire des opérateurs, mais également des autorités chargées de réguler le secteur.
Le gouvernement doit-il rendre des comptes sur les taxes et les coûts du secteur ?
Le débat sur les prix des télécommunications en RDC n’est pas nouveau.
Une étude publiée en 2022 avait déjà alerté sur le poids des taxes spécifiques imposées au secteur des télécommunications et sur leur possible répercussion sur les consommateurs. L’étude estimait notamment que certaines taxes concernant les appels, les SMS et les données pouvaient peser sur les prix et limiter l’accès aux services numériques.
Cela signifie que la responsabilité ne peut pas automatiquement être attribuée aux seuls opérateurs.
Si les prix augmentent en raison des taxes, le gouvernement doit l’expliquer.
Si les prix augmentent en raison des coûts d’exploitation, les opérateurs doivent le démontrer.
Si les prix ne sont pas justifiés, le régulateur doit intervenir.
C’est précisément cette transparence que réclament de nombreux consommateurs.
Une population qui demande simplement des explications
À travers les réactions recueillies par notre rédaction, une préoccupation revient : les Congolais veulent comprendre pourquoi ils doivent payer plus ou recevoir moins pour leurs forfaits.
Cette interrogation est d’autant plus importante que les services numériques sont devenus indispensables à l’économie nationale.
En avril 2026, l’Agence Congolaise de Presse rapportait d’ailleurs une baisse ponctuelle de 25 % du prix d’un forfait de 3 Go sur un réseau mobile à Kinshasa, passant de 4 000 à 3 000 FC pendant une période donnée. L’ACP indiquait également que certains autres tarifs de forfaits et crédits restaient alors stables.
Cette évolution montre que les prix peuvent changer et que le marché mérite donc une surveillance permanente afin de protéger les consommateurs.
Des témoignages de consommateurs
Attention : les témoignages ci-dessous sont des exemples rédactionnels fictifs destinés à illustrer les préoccupations exprimées par les consommateurs. Ils doivent être remplacés par les témoignages réels recueillis par Zion News TV avant publication comme citations attribuées.
« Je dois choisir entre Internet et la nourriture » témoignage illustratif, Kinshasa
« J’utilise Internet pour mon petit commerce. Mais lorsque le prix des forfaits augmente ou que le volume de données diminue, mon activité est directement touchée. À la fin du mois, je dois parfois choisir entre acheter un forfait et répondre à certaines dépenses familiales. »
« Nous avons besoin d’une explication du gouvernement » — témoignage illustratif, Lubumbashi
« Ce que nous demandons, ce n’est pas seulement une baisse des prix. Nous voulons surtout savoir pourquoi les prix évoluent. Si ce sont les taxes qui sont responsables, que le gouvernement nous explique clairement combien il prélève sur chaque service. »
« Internet est devenu indispensable pour les étudiants » témoignage illustratif, Kisangani
« Pour nous, étudiants, Internet n’est plus un luxe. Nous avons besoin des données pour faire des recherches, envoyer des travaux et suivre certaines formations. Lorsque les forfaits deviennent trop chers, ce sont nos études qui sont affectées. »
« Les appels coûtent cher alors que les revenus restent faibles » témoignage illustratif, Goma
« Beaucoup de personnes dans ma communauté vivent avec de petits revenus. Quand les communications deviennent plus chères, elles réduisent leurs appels. Pourtant, certaines familles vivent loin les unes des autres et ont besoin du téléphone pour rester en contact. »
Le paradoxe congolais : promouvoir le numérique tout en le rendant difficilement accessible ?
La RDC veut accélérer sa transformation numérique. Le gouvernement parle régulièrement de modernisation, de digitalisation des services publics et de développement de l’économie numérique.
Mais une question mérite d’être posée :
Comment réussir cette transformation numérique si une partie importante de la population peine à accéder régulièrement à Internet et aux services de communication ?
La fracture numérique ne se limite pas à l’absence de réseau.
Elle concerne également le prix de l’accès.
Un service peut être techniquement disponible mais rester pratiquement inaccessible à une famille dont le revenu ne permet pas de financer régulièrement les données mobiles.
Le gouvernement est-il réellement complice ?
Certains consommateurs vont jusqu’à soupçonner une complicité entre les autorités publiques et les opérateurs de télécommunications.
Cette accusation ne peut évidemment pas être présentée comme un fait établi sans preuves.
Mais elle traduit un profond sentiment de méfiance chez certains citoyens.
Lorsque les consommateurs constatent une augmentation des prix sans explication suffisamment claire, ils peuvent légitimement se demander :
- Quelle part du prix payé revient à l’État sous forme de taxes ?
- Quelle part revient aux opérateurs ?
- Quels sont réellement les coûts d’exploitation des réseaux en RDC ?
- Pourquoi certains forfaits changent-ils de volume ou de prix ?
- Le régulateur contrôle-t-il suffisamment les pratiques tarifaires ?
- Les consommateurs bénéficient-ils d’une véritable protection ?
- Les opérateurs justifient-ils suffisamment leurs changements tarifaires ?
Ce sont des questions auxquelles les autorités compétentes et les entreprises concernées devraient répondre publiquement.
La qualité du service doit également entrer dans le débat
Le prix n’est qu’une partie du problème.
En mai 2026, le gouvernement avait déjà convoqué les principaux opérateurs — Airtel, Orange, Vodacom et Africell — autour des préoccupations liées à la qualité des services de télécommunication.
Dans certaines zones du pays, les utilisateurs dénoncent également des perturbations du réseau. Au Sud-Kivu, des habitants et des acteurs économiques avaient notamment signalé des problèmes affectant leurs activités dépendantes des télécommunications et du mobile money.
Dès lors, une question devient incontournable :
Si le consommateur paie plus cher, ne devrait-il pas au minimum bénéficier d’un service plus performant, plus stable et plus accessible ?
Ce que Zion News TV demande
Face aux préoccupations exprimées par les citoyens, notre rédaction estime qu’un débat public transparent est nécessaire.
Nous appelons :
1. Le gouvernement congolais à expliquer clairement sa politique fiscale et tarifaire dans le secteur des télécommunications.
2. L’ARPTC à publier et vulgariser les éléments permettant aux consommateurs de comprendre l’évolution des prix et des forfaits.
3. Les opérateurs télécoms à communiquer clairement sur les raisons de toute modification des prix, volumes ou conditions de leurs offres.
4. Les associations de consommateurs à renforcer leur surveillance et à documenter les plaintes des utilisateurs.
5. Les députés et sénateurs à interpeller les autorités compétentes lorsque les préoccupations des consommateurs restent sans réponse.
Une question à laquelle le gouvernement doit répondre
La population congolaise fait déjà face à de nombreuses difficultés économiques.
Dans ce contexte, augmenter le coût de la communication ou réduire la quantité de services accessibles pour un même budget ne peut pas être considéré comme un simple détail commercial.
Internet, les appels et les SMS participent désormais à la vie économique, sociale et éducative du pays.
La question centrale demeure donc :
Comment le gouvernement peut-il parler de développement numérique et d’inclusion numérique si une partie de sa population a de plus en plus de difficultés à payer pour communiquer ?
La balle est désormais dans le camp des autorités, du régulateur et des opérateurs.
Les Congolais ne demandent pas seulement des forfaits moins chers. Ils demandent surtout de la transparence, de la qualité et une véritable protection du consommateur.
Zion News TV continuera à recueillir les témoignages des utilisateurs à travers les différentes provinces de la RDC afin de documenter cette question.
Joshmishumbi