Un an après le naufrage du MV Merdi sur le lac Kivu, les plaies restent ouvertes. Pour les familles des victimes, l’absence de réponses et de responsabilités nourrit un sentiment d’abandon et de colère.
Le 3 octobre 2024, l’embarcation avait quitté le port de Kituku, chargée au-delà de sa capacité. Quelques minutes plus tard, secouée par des vents violents, elle chavirait à une poignée de mètres seulement de la rive. Le bilan fut lourd : 80 rescapés, 34 corps repêchés… et des dizaines de disparus jamais retrouvés.
Des promesses sans suite
Dans les jours qui suivirent la tragédie, les autorités avaient promis des mesures de prévention et un renforcement de la sécurité lacustre. Mais douze mois plus tard, aucune responsabilité officielle n’a été établie. Les engagements annoncés semblent s’être dissipés dans le tumulte sécuritaire que traverse l’Est du pays, marqué notamment par l’activisme du M23.
Le poids de l’absence
Pour les familles endeuillées, la douleur se double d’un sentiment d’injustice.
« Nous n’avons jamais su ce qui s’est réellement passé ni pourquoi personne n’a été tenu pour responsable. Nos proches sont morts, et pourtant, c’est comme si rien n’avait changé », confie une parente d’une victime, les yeux rivés sur les eaux sombres du lac.
La mémoire du drame
Chaque jour, le rivage de Kituku rappelle la catastrophe. Des pêcheurs évoquent encore les scènes de panique, les cris, les efforts désespérés pour sauver des vies. Mais le silence officiel, lui, demeure assourdissant.
Un an après, les familles continuent d’exiger la vérité et la justice. Mais sur les rives du Kivu, l’ombre du MV Merdi plane toujours, comme un avertissement ignoré.
LA RÉDACTION
