En République démocratique du Congo, Maître Pierrot Kasende appelle à la démission du vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba. L’avocat estime que, malgré son expérience politique, Jean-Pierre Bemba ne serait plus à sa place à la tête du ministère des Transports, au regard des nombreux accidents enregistrés dans le pays.
« Jean-Pierre Bemba peut être mieux ailleurs, mais pas au ministère des Transports »
Pour Maître Pierrot Kasende, les accidents aériens, routiers et maritimes existent dans tous les pays, mais leur répétition et les conditions dans lesquelles certains surviennent doivent pousser les autorités à s’interroger sur la gestion du secteur.
« Oui, le VPM Bemba peut être mieux ailleurs, mais pas au ministère des Transports », affirme Maître Pierrot Kasende.
Il estime que la succession des accidents, des naufrages et des problèmes liés aux moyens de transport en RDC traduit, selon lui, de graves insuffisances dans la gestion du secteur.
Des embarcations jugées vétustes
Maître Pierrot Kasende s’inquiète également de l’état de certaines embarcations utilisées par la population congolaise. Il dénonce la présence d’engins qu’il considère comme trop anciens et estime que, dans un système de transport mieux contrôlé, les appareils présentant des risques importants devraient être retirés de la circulation.
Selon lui, le problème ne serait donc pas uniquement lié aux accidents eux-mêmes, mais également au contrôle technique, à la sécurité des passagers et à la responsabilité des services chargés de faire respecter les normes.
Le lancement des nouveaux trains par Félix Tshisekedi
Maître Pierrot Kasende revient également sur le lancement des nouveaux trains acquis par la République démocratique du Congo et présentés au public par le président Félix Tshisekedi.
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L’avocat affirme avoir été particulièrement inquiet en voyant le chef de l’État et la Première dame monter à bord de ces locomotives lors de leur lancement. Selon lui, certains de ces trains paraissaient anciens et auraient simplement fait l’objet d’une rénovation, notamment au niveau de la peinture.
Pour Maître Pierrot Kasende, cette situation soulève des interrogations importantes sur l’état réel du matériel ferroviaire mis à la disposition de la population et sur les contrôles effectués avant sa mise en circulation.
Il estime que, dans un pays où la sécurité des passagers doit être une priorité, tout matériel jugé vétuste ou présentant des risques devrait faire l’objet d’une expertise technique rigoureuse avant son exploitation.
L’interdiction des baleinières en bois soulève des questions
Maître Pierrot Kasende s’interroge également sur l’interdiction des baleinières en bois sur le fleuve Congo, ses affluents et certains lacs.
Il estime qu’une telle mesure doit nécessairement être accompagnée d’alternatives accessibles et sécurisées pour les populations qui dépendent largement du transport fluvial et lacustre.
« Cette population va utiliser quel moyen de transport ? », s’interroge-t-il.
Pour lui, l’amélioration de la sécurité ne devrait pas seulement passer par des interdictions, mais également par la mise à disposition de moyens de transport modernes, fiables et accessibles.
Quid des 60 avions annoncés ?
Autre interrogation soulevée par Maître Pierrot Kasende : les promesses faites autour du renforcement de la flotte aérienne congolaise.
L’avocat demande notamment des explications sur les 60 avions qui auraient été annoncés devant l’Assemblée nationale. Il souhaite savoir où en est concrètement cette promesse et quelles réalisations peuvent aujourd’hui être présentées à la population.
Appel à des audits et à des enquêtes
Au-delà de la demande de démission de Jean-Pierre Bemba, Maître Pierrot Kasende souhaite que la gestion du ministère des Transports fasse l’objet d’un contrôle approfondi.
Il appelle notamment à l’intervention de l’Inspection générale des finances (IGF) afin d’examiner l’utilisation des fonds publics affectés au secteur des transports.
Il estime également que les éventuelles responsabilités liées aux défaillances constatées doivent être établies par les institutions compétentes et, le cas échéant, par la justice.
Une pression croissante sur le ministère des Transports
La multiplication des interrogations sur la sécurité aérienne, routière et maritime place ainsi le ministère des Transports sous pression.
Pour Maître Pierrot Kasende, l’enjeu dépasse la seule personne de Jean-Pierre Bemba : il s’agit de garantir la sécurité des Congolais et de renforcer la responsabilité des autorités chargées de superviser les transports.
La demande de démission formulée par l’avocat intervient donc dans un contexte où la question de la sécurité des passagers et de la gestion des infrastructures et moyens de transport reste au cœur des préoccupations en RDC.
JOSHMISHUMBI