Depuis Kipese, dans une déclaration empreinte d’émotion, Vieux Nachoka a rendu hommage aux combattants tombés au front tout en s’interrogeant sur le moment choisi pour relancer les discussions politiques en République démocratique du Congo.
Selon lui, de nombreux jeunes ont perdu la vie alors qu’ils portaient des rêves, avaient des familles et s’étaient engagés avec la conviction de défendre une cause qu’ils jugeaient juste. Il rappelle que beaucoup avaient accepté de prendre les armes au prix de leur propre existence.
« Nos frères sont tombés au front. Des jeunes qui avaient des rêves, des familles, des mères qui les attendaient », déclare-t-il avec gravité.
Un questionnement sur le recours au dialogue
Vieux Nachoka rappelle qu’à une certaine période, le dialogue était rejeté par plusieurs acteurs qui privilégiaient la poursuite de la lutte. Aujourd’hui, alors que des discussions sont de nouveau évoquées, il estime que des interrogations légitimes méritent d’être posées.
« Pourquoi n’avoir pas dialogué plus tôt ? Pourquoi avoir attendu que le sang coule ? Pourquoi avoir attendu que des familles pleurent leurs fils ? », s’interroge-t-il.
Pour lui, ces questions traduisent la douleur de nombreuses familles ayant perdu un proche dans le conflit.
Une pensée pour les familles endeuillées
Dans son message, Vieux Nachoka adresse également une pensée aux parents, aux épouses et aux enfants des personnes décédées. Il souligne que derrière chaque victime se trouve une famille profondément marquée par cette perte.
Il s’interroge également sur la mémoire de ceux qui ne pourront plus participer aux débats sur l’avenir du pays.
« Qui dialoguera pour eux ? Qui rendra leurs vies à leurs mères ? Qui expliquera à leurs enfants pourquoi leur père ne reviendra plus ? », demande-t-il.
Une paix fondée sur la vérité et la responsabilité
Tout en affirmant ne pas être opposé à la paix, Vieux Nachoka estime que celle-ci doit reposer sur la vérité, la responsabilité des décideurs et la reconnaissance des sacrifices consentis par les victimes du conflit.
Selon lui, une réconciliation durable ne peut se limiter à des rencontres politiques, mais doit également prendre en compte les souffrances des populations touchées par les violences.
Il conclut en appelant à ce que les personnes tombées au front ne soient pas oubliées et que leur sacrifice reste gravé dans la mémoire collective.
« Nos frères sont tombés. La nation doit maintenant avoir le courage de leur rendre justice par la vérité, la responsabilité et une paix véritable. »
JOSHMISHUMBI
