Jean-Marc Kabund, président de l’Alliance pour le Changement, hausse le ton contre la démarche annoncée par Félix Tshisekedi. L’opposant estime que la consultation du peuple proposée par le Chef de l’État « n’a aucun sens » et dénonce un scénario politique qui, selon lui, rappelle certaines pratiques observées sous les régimes de Mobutu et de Joseph Kabila.
Jean-Marc Kabund : « Consulter le peuple, ça n’a aucun sens »
Jean-Marc Kabund conteste notamment l’idée selon laquelle une nouvelle consultation populaire serait nécessaire pour connaître les préoccupations des Congolais.
Pour l’opposant, Félix Tshisekedi a déjà eu l’occasion d’être au contact de la population lors de la campagne électorale de décembre 2023. Il rappelle également que le président dirige la République démocratique du Congo depuis plusieurs années.
Selon Kabund, les attentes de la population sont déjà connues : la bonne gouvernance, la justice, la paix, la sécurité et l’amélioration des services de base. Dès lors, estime-t-il, de nouvelles consultations ne constitueraient pas une réponse aux problèmes du pays.
« Ce n’est pas un dialogue, c’est un monologue »
L’ancien président intérimaire de l’UDPS s’est également montré très critique à l’égard de la méthode choisie par Félix Tshisekedi pour organiser le Dialogue national.
« Ce que Tshisekedi a annoncé hier n’est pas un dialogue », a-t-il déclaré, considérant que le processus risque de se transformer en « monologue entre une même famille politique ».
Pour Jean-Marc Kabund, un véritable dialogue national devrait être organisé dans un cadre bénéficiant d’une médiation véritablement neutre. Il estime que le Chef de l’État ne peut pas, à lui seul, se présenter comme l’arbitre impartial d’un processus dont il est lui-même un acteur majeur.
La priorité : pacifier l’Est avant les élections de 2028
Jean-Marc Kabund défend une autre approche du dialogue national. Selon lui, la priorité devrait être de trouver un accord politique permettant de pacifier l’Est de la RDC, particulièrement confronté à une grave crise sécuritaire.
Ce n’est qu’après cette étape, estime-t-il, qu’il faudrait envisager une feuille de route électorale en perspective des élections de 2028.
Cette position intervient alors que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure au cœur des préoccupations politiques et sociales du pays.
Kabund prédit l’isolement politique de Félix Tshisekedi
Dans son intervention, Jean-Marc Kabund est également allé plus loin en prédisant un prochain isolement politique de Félix Tshisekedi.
« Tshisekedi va se retrouver dos au mur, et ce n’est pas loin », a-t-il lancé, invitant ses interlocuteurs à « prendre date » avec cette prédiction.
Selon l’opposant, plusieurs personnes qui soutiennent actuellement le président de la République pourraient progressivement prendre leurs distances avec lui lorsque les conséquences de ses choix politiques se feront davantage sentir.
Kabund affirme ainsi rester convaincu de la justesse du combat porté par la C64, mouvement dont il soutient les positions, notamment sur les questions liées à la gouvernance et à l’avenir institutionnel de la RDC.
Un dialogue national qui divise la classe politique
La démarche annoncée par Félix Tshisekedi continue donc de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise.
Pour ses promoteurs, les consultations peuvent constituer une occasion de rechercher des solutions aux crises qui secouent le pays. Pour Jean-Marc Kabund et ses partisans, en revanche, le processus ne pourra être crédible que s’il repose sur une médiation neutre, une participation réellement inclusive et des objectifs clairement définis.
Le débat sur le Dialogue national devrait ainsi continuer à occuper une place centrale dans l’actualité politique congolaise dans les prochains jours.