Alors que la ministre nationale de la Jeunesse, des Initiatives entrepreneuriales et de la Promotion du volontariat poursuit sa tournée de consultations provinciales à travers le pays, une vive inquiétude monte parmi les jeunes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
En cause : l’absence remarquée de ces deux provinces dans le calendrier officiel de la tournée publié par le ministère.
Une tournée pour écouter la jeunesse, mais des absents de taille
Lancée il y a quelques semaines, la tournée nationale vise à recueillir les préoccupations des jeunes dans chaque province afin de construire une politique nationale de la jeunesse plus participative et adaptée aux réalités locales.
Des étapes ont déjà été enregistrées à Kinshasa, Kongo-Central, Katanga, Ituri, Équateur et Kasaï, où la ministre a rencontré associations, mouvements de jeunes et autorités locales.
Cependant, dans la dernière version du calendrier consultatif publiée par le ministère, aucune mention n’est faite du Nord-Kivu ni du Sud-Kivu deux provinces pourtant fortement touchées par les défis de l’emploi, de la sécurité et de la reconstruction post-conflit.
Les jeunes du Kivu s’interrogent et expriment leur frustration
Cette omission a suscité un sentiment de marginalisation parmi les jeunes des provinces de l’Est.
À Bukavu comme à Goma, plusieurs organisations de jeunesse s’interrogent :
« Sommes-nous encore considérés comme des jeunes congolais ? » s’indigne un leader d’association à Bukavu.
« Nous pensions que ces consultations visaient à écouter tous les jeunes du pays, sans exclusion », ajoute un représentant du Conseil urbain de la jeunesse de Goma.
Pour beaucoup, cette absence est perçue comme une négligence, voire une mise à l’écart injustifiée des provinces qui ont pourtant un poids démographique et social important dans la dynamique nationale.
Un appel à l’inclusion et à la révision du programme
Face à ces réactions, plusieurs voix s’élèvent pour demander au ministère de revoir son programme et d’y inclure les provinces du Nord et du Sud-Kivu avant la fin du processus.
Des jeunes plaident pour une représentation équitable de toutes les provinces, surtout celles confrontées à des réalités particulières : le chômage massif, le déplacement des populations, et la difficulté d’accès aux programmes nationaux.
« On ne peut pas bâtir une politique nationale de la jeunesse sans écouter les jeunes du Kivu. Nous faisons partie intégrante du Congo », a déclaré un activiste de la jeunesse de Kalehe.
Vers un réajustement du calendrier ?
Interrogées par certains médias locaux, des sources proches du ministère n’ont ni confirmé ni infirmé la possibilité d’une mise à jour du calendrier. Elles évoquent des contraintes logistiques et sécuritaires qui auraient empêché, dans un premier temps, l’organisation des consultations dans ces zones.
Néanmoins, de nombreux jeunes estiment que ces difficultés ne devraient pas justifier une absence totale du Kivu dans une initiative censée être inclusive.
L’exclusion apparente du Nord et du Sud-Kivu du calendrier des consultations de la ministre de la Jeunesse relance le débat sur l’équité territoriale et la prise en compte des réalités de l’Est dans les politiques publiques nationales.
Les jeunes du Kivu attendent désormais un signal clair du gouvernement pour prouver qu’ils font bel et bien partie intégrante de la jeunesse congolaise.
GRACE NGOLO

