Le gouvernement provincial de Kinshasa a officiellement lancé, le mercredi 11 mars 2026, l’opération de délivrance des cartes de résidence pour les étrangers vivant dans la capitale congolaise.
La cérémonie s’est déroulée à l’Hôtel de Ville de Kinshasa, en présence de plusieurs autorités provinciales, marquant ainsi une nouvelle étape dans la gestion administrative et sécuritaire de la ville.
Cette initiative, portée par l’exécutif provincial, vise à mieux encadrer la présence des ressortissants étrangers à Kinshasa, tout en renforçant la sécurité publique et en améliorant la mobilisation des recettes de la ville.
Un lancement officiel sous la conduite des ministres provinciaux
Le lancement de cette opération a été présidé par deux membres clés du gouvernement provincial de Kinshasa :
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Magloire Kabemba, ministre provincial des Finances, Économie et Numérique,
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Jeannot Canon Larose, ministre provincial de la Sécurité publique, Administration des territoires, Justice et Affaires coutumières.
Lors de cette cérémonie, les autorités ont mis en avant la nécessité d’un système moderne d’identification des étrangers établis dans la capitale congolaise, afin de répondre aux défis administratifs, sécuritaires et économiques auxquels fait face la ville-province.
Pourquoi Kinshasa met en place les cartes de résidence pour étrangers ?
À travers cette nouvelle mesure, le gouvernement provincial de Kinshasa poursuit plusieurs objectifs majeurs :
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✅ Améliorer l’identification des étrangers résidant à Kinshasa ;
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✅ Renforcer le dispositif de sécurité publique dans la capitale ;
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✅ Optimiser la perception de certaines recettes provinciales ;
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✅ Lutter contre l’immigration clandestine ;
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✅ Assurer un meilleur suivi administratif des ressortissants étrangers.
Selon les autorités, cette carte de résidence permettra de disposer d’une base de données fiable et actualisée sur les étrangers vivant dans la ville, ce qui facilitera également la coordination entre les services administratifs et sécuritaires.
Un système digitalisé pour une administration plus fiable et sécurisée
Le ministre provincial Jeannot Canon Larose a précisé que le gouvernement provincial a fait le choix d’un système digitalisé pour garantir aux étrangers un cadre administratif fiable, moderne et sécurisé.
D’après lui, la mise en place de cette carte de résidence contribuera non seulement à faciliter l’identification des ressortissants étrangers, mais aussi à améliorer leur suivi administratif au sein de la capitale.
Cette digitalisation s’inscrit dans une dynamique de modernisation des services publics à Kinshasa, avec pour objectif de réduire les risques de fraude documentaire et de renforcer la crédibilité des documents administratifs délivrés par la ville.
Une mesure pour lutter contre l’immigration clandestine et renforcer la sécurité
Le gouvernement provincial insiste également sur l’aspect sécuritaire de cette réforme. En effet, la carte de résidence devrait permettre aux autorités de mieux contrôler les mouvements des étrangers vivant à Kinshasa et de lutter plus efficacement contre l’immigration clandestine.
Pour Jeannot Canon Larose, cette démarche s’inscrit dans une volonté claire de renforcer la sécurité publique, dans une ville en pleine expansion démographique et confrontée à de multiples enjeux de gouvernance urbaine.
L’identification formelle des étrangers pourrait ainsi aider les services compétents à mieux prévenir certains abus, à assurer un meilleur encadrement des résidents étrangers et à favoriser une cohabitation plus ordonnée au sein de la capitale.
Les frais de la carte de résidence fixés selon plusieurs catégories
Sur le plan financier, le ministre provincial des Finances, Économie et Numérique, Magloire Kabemba, a expliqué que cette mesure permettra également de soutenir les finances publiques de la ville de Kinshasa.
Les cartes de résidence seront délivrées pour une durée de deux ans, avec des frais variant selon les catégories définies par les autorités, notamment en fonction de l’âge et de l’activité professionnelle du demandeur.
Tarifs officiels des cartes de résidence à Kinshasa :
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250 dollars américains pour la catégorie A ;
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200 dollars américains pour la catégorie B
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100 dollars américains pour la catégorie C ;
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50 dollars américains pour la catégorie D.
Les autorités ont également précisé qu’un tarif spécifique est prévu pour les conjoints, bien que les détails de cette catégorie particulière n’aient pas encore été entièrement détaillés publiquement.
Hologram Identification Services chargée de la production des cartes
Sur le plan technique, la production des cartes de résidence a été confiée à la société Hologram Identification Services, choisie comme partenaire du gouvernement provincial de Kinshasa pour la mise en œuvre de ce projet.
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Cette entreprise sera chargée d’assurer la fabrication des cartes dans le respect des normes de sécurité et de traçabilité, dans le cadre de la stratégie de digitalisation adoptée par l’exécutif provincial.
Le recours à un opérateur spécialisé vise à garantir des cartes difficiles à falsifier, intégrant des éléments de sécurité adaptés aux standards modernes d’identification.
Une nouvelle étape dans la gestion des étrangers à Kinshasa
Avec ce lancement officiel, la ville de Kinshasa franchit une nouvelle étape dans la gestion administrative des étrangers vivant sur son territoire. Cette réforme pourrait avoir un impact significatif sur la gouvernance locale, la sécurité urbaine et les recettes
publiques.
Dans un contexte où la capitale congolaise continue d’accueillir de nombreux ressortissants étrangers pour des raisons professionnelles, commerciales ou familiales, les autorités provinciales entendent désormais instaurer un mécanisme clair, structuré et sécurisé pour leur identification et leur suivi.
Le lancement des cartes de résidence pour étrangers à Kinshasa marque un tournant important dans la politique administrative et sécuritaire de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
Entre modernisation des services, lutte contre l’immigration clandestine, renforcement de la sécurité publique et mobilisation des recettes provinciales, cette initiative s’inscrit dans une logique de meilleure gouvernance urbaine.
Les prochains jours permettront de mesurer l’adhésion des ressortissants étrangers à cette nouvelle mesure ainsi que son efficacité sur le terrain.
JOSHMISHUMBI
