Un groupe de jeunes originaires de l’espace kasaïen a publié, ce 9 juin 2026 à Kinshasa, une lettre ouverte d’interpellation adressée aux leaders politiques et religieux de la région engagés dans la campagne en faveur d’un changement ou d’une révision de la Constitution de la République démocratique du Congo.

Dans ce document intitulé « Ne parlez pas au nom de tout un peuple », les signataires affirment que les prises de position de certains responsables politiques, notables et religieux favorables à une modification de la Constitution ne reflètent pas l’opinion de l’ensemble des populations du Grand Kasaï.
« Le Kasaï n’est pas un bloc politique »
Les auteurs de la lettre dénoncent ce qu’ils considèrent comme une tentative de présenter l’espace kasaïen comme unanimement acquis à un projet visant à permettre au président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà des échéances constitutionnelles.
Selon eux, une telle représentation est « fausse, injuste et dangereuse », car elle ignore la diversité des opinions au sein de la communauté kasaïenne et risque d’alimenter des tensions identitaires à l’échelle nationale.
« Le Kasaï ne doit pas être utilisé comme un bloc politique au service d’un agenda particulier », écrivent-ils, estimant que l’identité régionale ne doit pas servir à justifier des projets susceptibles de diviser le pays.
Appel au respect de la Constitution et de l’alternance démocratique
Les signataires réaffirment leur attachement à la Constitution, à l’État de droit, à l’alternance démocratique ainsi qu’à l’unité nationale.
Ils rappellent que la RDC appartient à tous les Congolais, sans distinction de province, d’ethnie ou de communauté, et mettent en garde contre toute démarche pouvant être perçue comme une personnalisation du pouvoir ou une remise en cause des acquis démocratiques.
Interpellation des responsables religieux
Dans leur message, les jeunes du Grand Kasaï s’adressent également aux responsables religieux de la région. Ils soulignent que la mission première de l’Église est de promouvoir la paix, la vérité, la justice et la réconciliation.
Ils estiment que les institutions religieuses ne devraient pas être instrumentalisées pour soutenir des initiatives politiques susceptibles d’exacerber les divisions communautaires ou institutionnelles.
Priorité aux préoccupations sociales
Au-delà du débat constitutionnel, les auteurs de la lettre invitent les leaders politiques et religieux à se concentrer sur les préoccupations majeures des populations, notamment :
- L’emploi des jeunes ;
- L’éducation ;
- Les infrastructures ;
- L’accès à l’eau potable ;
- L’accès à l’électricité ;
- La sécurité ;
- Le développement économique.
Pour eux, l’avenir de la RDC doit se construire dans le respect de la Constitution, de l’unité nationale et du vivre-ensemble.
Les signataires
La lettre est signée par plusieurs jeunes issus des provinces du Grand Kasaï, notamment :
- Bertrand Mpinda (Kasaï Central) ;
- Franck Katako (Sankuru) ;
- Trésor Muteba (Kasaï Oriental) ;
- Jacques Issongo (Kasaï) ;
- Musasa Tshibanda Patrick (Lomami).
Ils se présentent comme « Les Jeunes du Grand Kasaï pour l’Unité Nationale, la Démocratie et le Respect de la Constitution ».
