L’ancien haut-gradé des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le lieutenant-général Philémon Yav Irung, surnommé « le Tigre », a comparu devant la Haute Cour militaire de Kinshasa ce 19 décembre 2025, près de trois ans après son arrestation en septembre 2022.
Accusations lourdes et contexte judiciaire
L’audience d’ouverture s’est tenue devant le président de la Haute Cour militaire, Joseph Mutombo Katalay, et a été consacrée principalement à l’identification du prévenu et à la lecture de la décision de renvoi du dossier au fond. Actualite.cd
Philémon Yav Irung est poursuivi dans deux principaux dossiers pour des faits graves :
-
Trahison,
-
Participation à un mouvement insurrectionnel,
-
Incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.
Selon l’acte d’accusation, l’ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense couvrant notamment les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri aurait entretenu des liens avec une force étrangère, notamment avec des personnes liées à l’armée rwandaise accusée par Kinshasa de soutenir le groupe rebelle AFC/M23.
Une des pièces à conviction mentionne l’envoi d’un message à un autre chef militaire congolais qualifiant certains objectifs de « notre projet », attribué au secrétaire particulier d’un général rwandais.
Lors d’une rencontre à Goma, il lui est aussi reproché d’avoir tenté de dissuader un officier congolais de rejoindre les combattants au front, en mettant en doute la valeur et les enjeux de la bataille.
Défense et suite du procès
La défense du général Yav a formellement demandé une liberté provisoire et a soulevé l’incompétence de la juridiction au regard de certains moyens de procédure. Elle a aussi annoncé une liste de témoins qu’elle produira pour les audiences à venir.
L’affaire a été renvoyée à une prochaine audience fixée au 6 janvier 2026, où la Cour examinera notamment ces moyens de défense et l’avancement de l’instruction.
Un procès situé dans un contexte de tensions
L’arrestation puis le procès de Philémon Yav Irung s’inscrivent dans un contexte de crispations autour de la gestion de la guerre dans l’est de la RDC, où la rébellion du M23 et ses alliés ont récemment mené des offensives majeures, conduisant à des critiques sur la stratégie militaire congolaise.
Ce procès intervient également alors que d’autres officiers supérieurs sont jugés pour des infractions variées devant la justice militaire, reflétant une multiplication des procédures judiciaires touchant le haut commandement des FARDC.
