Samuel Akilimali, responsable des programmes au sein de l’AJPRDH, affirme faire face à des menaces de mort attribuées à certains cadres de l’AFC après le lancement d’un rapport dénonçant des violations des droits humains imputées au M23 dans les villes de Goma et de Bukavu. Cette situation soulève de nouvelles inquiétudes concernant la sécurité des défenseurs des droits humains et la protection des acteurs de la société civile dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon les informations communiquées, les menaces seraient intervenues après la présentation d’un rapport consacré aux violences et aux atteintes aux droits humains enregistrées dans les zones passées sous le contrôle de l’AFC/M23. Les accusations visant certains cadres de ce mouvement restent à documenter et à vérifier de manière indépendante.
Samuel Akilimali ciblé après son travail de documentation ?
Le travail de Samuel Akilimali porte notamment sur la collecte et la documentation des violations présumées des droits humains commises dans l’est de la RDC. À travers ce rapport, l’objectif est de retracer les événements survenus à Goma et à Bukavu, en mettant l’accent sur les conséquences des affrontements et des changements de contrôle territorial sur les populations civiles.
Les menaces de mort qu’il affirme recevoir suscitent des interrogations sur les risques auxquels peuvent être exposés les journalistes, les enquêteurs et les défenseurs des droits humains qui documentent les exactions présumées dans les zones de conflit.
La sécurité des personnes impliquées dans ces enquêtes constitue un enjeu majeur, notamment lorsque leurs travaux mettent en cause des acteurs armés.
Goma : documenter les événements de janvier 2025
Pour la ville de Goma, le rapport entend couvrir plusieurs phases importantes : les jours précédant l’entrée du M23/AFC, les affrontements et les changements de contrôle survenus autour des 26 et 27 janvier 2025, ainsi que les conséquences immédiates de ces événements sur les populations civiles.
Cette chronologie doit permettre d’examiner les déplacements de civils, les détentions signalées, les violences alléguées et les autres incidents susceptibles de constituer des violations des droits humains.
L’établissement d’une chronologie précise est essentiel pour distinguer les faits documentés, les témoignages recueillis et les allégations qui nécessitent encore des vérifications.
Bukavu : des enquêtes sur les violences et les déplacements de civils
Le rapport s’intéresse également à la situation dans la ville de Bukavu, notamment aux semaines précédant l’entrée de l’AFC/M23 et à la prise de contrôle de la ville en février 2025.
Les investigations doivent notamment porter sur les déplacements de populations, les détentions, les affrontements, ainsi que les changements intervenus au sein des institutions locales.
L’objectif est de mieux comprendre les conséquences de ces événements sur la sécurité des habitants et le fonctionnement des services publics. La documentation de ces faits pourrait également contribuer à préserver les témoignages et les éléments utiles à d’éventuelles enquêtes judiciaires.
Armes distribuées et mouvements de combattants : une chronologie distincte
Au-delà des événements survenus dans les deux villes, le travail de documentation prévoit également d’établir une chronologie distincte concernant les distributions d’armes signalées, les mouvements de combattants, les discours publics et les incidents visant les civils.
Une telle démarche permettrait de mieux situer les événements dans leur contexte et de faciliter leur vérification par des observateurs indépendants.
La collecte et la conservation sécurisée des témoignages et des preuves sont particulièrement importantes dans un contexte où les personnes qui dénoncent les violences peuvent craindre des représailles.
La protection de Samuel Akilimali et des défenseurs des droits humains en question
Les menaces de mort rapportées par Samuel Akilimali remettent au centre du débat la question de la protection des personnes qui enquêtent sur les violations présumées des droits humains dans les territoires affectés par le conflit.
Si ces menaces sont confirmées, elles nécessiteraient une attention particulière de la part des organisations de défense des droits humains et des mécanismes compétents de protection.
La liberté de documenter les violations présumées, de recueillir des témoignages et de publier des conclusions fondées sur des éléments vérifiables constitue un enjeu essentiel pour la recherche de la vérité et la lutte contre l’impunité.
À ce stade, les menaces alléguées ainsi que l’identité et les responsabilités des personnes qui en seraient à l’origine doivent faire l’objet de vérifications indépendantes.
Conclusion : l’affaire Samuel Akilimali souligne les défis auxquels sont confrontés les acteurs qui documentent les violences dans l’est de la RDC. Alors que son rapport porte sur les événements de Goma et de Bukavu en 2025, la priorité demeure la protection des personnes concernées, la vérification rigoureuse des faits et la préservation des éléments susceptibles de contribuer à l’établissement des responsabilités.
LA REDACTION