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JOSEPH KABILA, LA VOIX DE JEAN-BAPTISTE ET LE MESSIE QUE LE CONGO ATTEND

by Zionnews
Dans la Bible, Jean-Baptiste est cette voix qui crie dans le désert pour annoncer la venue du Messie : il alerte, interpelle et prépare le chemin, sans être lui-même le Sauveur.

Dans la Bible, Jean-Baptiste est cette voix qui crie dans le désert pour annoncer la venue du Messie : il alerte, interpelle et prépare le chemin, sans être lui-même le Sauveur. Lorsque Joseph Kabila déclare, le 9 octobre 2026, que « le Congo est en péril » et que le sauver constitue une urgence, son message résonne comme un cri d’alarme qui mérite d’être entendu. Mais une question fondamentale demeure : celui qui annonce le péril est-il nécessairement celui qui peut sauver la Nation ?

À mes yeux, ni Joseph Kabila ni le régime actuel ne semblent incarner, à eux seuls, le profil du leadership de rupture dont le Congo a besoin. Le véritable espoir réside dans l’émergence d’une nouvelle classe politique, responsable, compétente et affranchie des erreurs du passé.

Le Congo a besoin de plus qu’un cri d’alarme

Le discours de Joseph Kabila soulève des questions essentielles sur la situation politique, sécuritaire et institutionnelle de la République démocratique du Congo. Je partage une grande partie de ses préoccupations, notamment sur l’urgence de restaurer la cohésion nationale, de renforcer l’État de droit et de rechercher une solution durable à la crise sécuritaire. Toutefois, reconnaître la pertinence d’un diagnostic ne signifie pas absoudre son auteur de son propre bilan.

Le problème du Congo ne se limite pas à ceux qui gouvernent aujourd’hui ; il concerne également les pratiques politiques héritées du passé.

C’est pourquoi je ne crois ni au retour automatique des anciens dirigeants ni à la continuité aveugle du système actuel. Le Congo ne peut pas indéfiniment chercher son salut parmi les mêmes figures politiques, au risque de reproduire les mêmes erreurs.

Le Messie attendu, c’est le renouveau politique

Lorsque je parle du Messie, je ne désigne pas un homme providentiel auquel le peuple devrait abandonner son destin. J’évoque, au sens métaphorique, un leadership nouveau, capable de rompre avec le clientélisme, la corruption, l’impunité et la personnalisation du pouvoir.

Le Congo a besoin d’une génération qui place la compétence au-dessus des slogans, l’intérêt général au-dessus des ambitions personnelles et la bonne gouvernance au-dessus des calculs politiques.

Le message de Jean-Baptiste nous enseigne une distinction fondamentale : annoncer le changement n’est pas la même chose que l’incarner. Joseph Kabila a lancé son alerte ; le régime actuel doit également répondre de son action. Mais ni l’un ni l’autre ne devrait être considéré comme l’unique horizon de la Nation.

Il appartient désormais à une nouvelle classe politique de se préparer, de se lever et de démontrer qu’une autre manière de servir le Congo est possible.

Le Congo n’a pas besoin d’un Messie autoproclamé, mais d’un leadership responsable, d’institutions fortes et d’une génération capable de transformer l’espoir en résultats.

Graddy Oloko
Analyste politique indépendant

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