Pourquoi Joseph Kabila a-t-il choisi de s’exprimer en anglais plutôt qu’en français ? Est-ce simplement une stratégie de communication destinée à toucher un public international plus large, notamment les pays anglophones, ou faut-il y voir un message politique adressé à la communauté francophone ?
Une chose est certaine : la langue utilisée par un ancien chef de l’État dans une prise de parole politique aussi importante n’est jamais un détail à négliger.
L’anglais pourrait être un choix stratégique pour toucher directement les capitales occidentales, les médias internationaux et particulièrement les décideurs de la région des Grands Lacs et de l’Afrique de l’Est, où cette langue occupe une place importante.
Mais une autre question se pose : pourquoi ne pas avoir privilégié le français, langue officielle de son pays, pour s’adresser en premier lieu aux Congolais et à l’espace francophone ? Pourquoi ne pas avoir également choisi le swahili, langue nationale largement parlée dans l’Est de la RDC et dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est ?
Faut-il interpréter ce choix comme une volonté de contourner l’espace médiatique francophone, un signal diplomatique ou simplement une décision de communication ?
À ce stade, il serait imprudent de parler de boycott du monde francophone sans disposer d’éléments permettant de confirmer une telle intention. Toutefois, ce choix mérite d’être interrogé, particulièrement au regard du contexte politique et sécuritaire dans lequel Joseph Kabila prend la parole.
Mon interrogation est donc simple : Joseph Kabila voulait-il d’abord parler aux Congolais, au monde francophone ou aux décideurs anglophones ?
Car, au-delà du contenu de son interview, le choix de la langue constitue déjà un élément de communication politique qui mérite d’être analysé.
Josue Mishumbi
Journaliste – Directeur général de ZionNews-tv.net