La situation humanitaire devient de plus en plus préoccupante dans le territoire de Mahagi, en Ituri. Selon la société civile locale, 51 166 personnes déplacées, en majorité des femmes et des enfants, vivent actuellement dans des conditions extrêmement précaires dans la chefferie de Djukoth.
Cette alerte a été lancée ce lundi 13 avril 2026, alors que des milliers de familles ayant fui les violences dans le territoire voisin de Djugu peinent à survivre dans des sites d’accueil improvisés.
Des familles entassées dans des conditions difficiles
Les déplacés sont hébergés dans des églises, des salles de classe et d’autres espaces communautaires, souvent surpeuplés et sans accès suffisant à l’eau potable, à l’alimentation ou aux soins de santé.
Cette promiscuité expose les populations à de graves risques sanitaires, notamment :
- la propagation de maladies infectieuses ;
- la malnutrition chez les enfants ;
- l’absence de suivi médical pour les femmes enceintes ;
- l’insécurité dans les sites de refuge.
La société civile met également en garde contre les tensions croissantes entre les déplacés et les communautés hôtes, déjà confrontées à des ressources limitées.
Plus de 14 000 enfants privés d’école
Dans les zones de santé de Logo et Rimba, la crise a également de lourdes conséquences sur l’éducation.
Selon les chiffres relayés par les acteurs locaux :
- plus de 14 000 enfants sont privés d’école ;
- plusieurs établissements sont occupés comme lieux d’hébergement ;
- les conditions d’apprentissage sont fortement perturbées.
Cette situation compromet l’avenir de milliers d’enfants déjà traumatisés par les violences et les déplacements forcés.
Sept décès infantiles faute de soins
La société civile déplore également au moins sept décès d’enfants, attribués au manque d’accès aux soins de santé.
L’absence de médicaments, de structures adaptées et de prise en charge rapide aggrave la vulnérabilité des familles déplacées.
Les acteurs communautaires appellent les autorités congolaises, les partenaires humanitaires et les organisations internationales à intervenir en urgence pour :
- fournir une assistance alimentaire ;
- renforcer l’accès aux soins ;
- relocaliser les déplacés dans des sites plus sûrs ;
- rétablir l’accès à l’éducation.
Une urgence humanitaire à ne pas ignorer
Face à l’ampleur de la crise à Mahagi, la société civile insiste sur la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée pour éviter une aggravation de la situation.
La détresse des déplacés de Djukoth illustre une nouvelle fois les conséquences dramatiques de l’insécurité persistante dans l’est de la RDC.
JOSHMISHUMBI
