Le ministre congolais des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya Tanda, a pris part le 27 mai 2026 à un dialogue de haut niveau organisé au Sénat français autour du thème : « Amplifier les voix des victimes survivantes et lutter contre l’impunité ».
Cette rencontre a réuni des sénateurs français, des parlementaires français d’origine congolaise ainsi que l’ONG AFIA MAMA.
Au cours de son intervention, le ministre congolais a dénoncé avec fermeté les graves violations des droits humains perpétrées dans l’Est de la République démocratique du Congo, notamment les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre dans les zones touchées par les conflits armés.
Samuel Mbemba décrit l’horreur vécue dans l’Est de la RDC
Devant les participants, Me Samuel Mbemba Kabuya a détaillé les atrocités dont sont victimes les populations civiles dans l’Est du pays. Il a évoqué des viols massifs commis dans plusieurs localités, dénonçant des actes d’une cruauté extrême ayant des conséquences dramatiques sur les femmes, les enfants et les familles entières.
Le ministre a notamment expliqué que certaines victimes sont agressées sexuellement sous les yeux de leurs proches, tandis que des enfants sont forcés d’assister ou de participer à des actes inhumains contre leurs propres mères ou sœurs.
Selon lui, ces violences entraînent des traumatismes profonds et des conséquences sanitaires graves, notamment :
- les grossesses non désirées ;
- les fistules anales ;
- la propagation des maladies sexuellement transmissibles, dont le VIH/SIDA ;
- la stigmatisation sociale ;
- les traumatismes psychologiques durables.
Un appel direct à la France et à l’Union européenne
Face à cette situation alarmante, le ministre congolais des Droits humains a lancé un appel pressant à la France et à l’Union européenne afin qu’elles prennent des mesures fortes pour mettre fin à l’impunité dans la région des Grands Lacs.
Samuel Mbemba Kabuya a désigné le président rwandais Paul Kagame comme étant, selon lui, « l’homme orchestre » des violences qui déstabilisent l’Est de la RDC. Il a estimé que lutter efficacement contre l’impunité passe par des actions concrètes visant à stopper les soutiens aux groupes armés opérant sur le territoire congolais.
« Lutter contre l’impunité, c’est stopper principalement Kagame avec des moyens suffisamment proportionnels au drame qu’il signe en RDC », a déclaré le ministre congolais devant le Sénat français.
La RDC continue de plaider pour la justice internationale
Cette intervention au Sénat français intervient dans un contexte où Kinshasa multiplie les démarches diplomatiques pour attirer l’attention de la communauté internationale sur la crise sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays.
Les autorités congolaises réclament depuis plusieurs années des sanctions plus fermes contre les acteurs impliqués dans les violences armées, ainsi qu’un soutien accru en faveur des victimes des conflits.
